Artistes et anonymes rendent un dernier hommage à Bashung

Le chanteur Alain Bashung au 33e Festival Paléo, le 26 juillet dernier, à Nyon, en Suisse
Photo: Agence France-Presse (photo) Le chanteur Alain Bashung au 33e Festival Paléo, le 26 juillet dernier, à Nyon, en Suisse

Paris — Les obsèques d'Alain Bashung, grand nom de la scène musicale française décédé samedi à 61 ans, ont eu lieu hier à Paris, en présence d'un millier d'anonymes et de nombreux artistes, venus rendre hommage à un homme épris d'«essentiel».

La cérémonie religieuse, sobre et qui a mis l'accent sur la foi et la quête de l'essentiel du chanteur, décédé d'un cancer du poumon, s'est déroulée en l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris.

Un grand écran vidéo avait été installé à l'extérieur de l'église afin que la foule des fans, massée derrière une barrière avec les photographes, puisse suivre la cérémonie.

«Les années passées avec toi m'ont fait traverser des siècles de vie. Je t'aime tant», a déclaré à la fin de la cérémonie la veuve d'Alain Bashung, Chloé Mons, sous les yeux de leur fille Poppée et d'Arthur, le fils du chanteur, né d'une précédente union.

«Tu m'as appris à rester centrée sur l'essentiel», a-t-elle dit, très émue, en opposant cette notion aux «gesticulations du monde du spectacle».

Dans l'assistance, on apercevait les chanteurs Alain Souchon, Jean-Louis Aubert (ex de Téléphone), Françoise Hardy, Laurent Voulzy, Jane Birkin, ainsi que l'actrice Catherine Deneuve, l'acteur Claude Rich, la ministre française de la Culture Christine Albanel, ou encore des proches comme Pascal Nègre, le président d'Universal Music France, qui produisait les disques d'Alain Bashung sur le label Barclay, et le patron de l'Olympia Arnaud Delbarre.

«Aller à l'essentiel: ne rien dire d'inutile, ne rien chanter de futile», a déclaré le père Benoist de Sinety en entamant son homélie.

«La foi consiste à mettre l'essentiel au coeur de sa vie [...]. Alain Bashung vivait cette recherche-là: mettre au coeur de sa vie la quête de l'essentiel, la rencontre avec l'essentiel. Il pouvait passer des heures à méditer, sans prononcer de mots, dans la paix», a-t-il poursuivi.

La famille avait choisi de ne passer aucun morceau d'Alain Bashung durant la cérémonie. Quelques titres de rock et de folk anglo-saxons, des genres dont il était amoureux et qui ont nourri son oeuvre, ont été diffusés pendant la bénédiction du cercueil, dont Great Balls of Fire de Jerry Lee Lewis ou Harvest Moon de Neil Young.

De longs applaudissements et des sifflets chaleureux ont salué la sortie du cercueil de l'église en ce premier jour du printemps, illuminé par un grand soleil.

Personnalités, proches et invités sont restés sur le parvis, autour du corbillard, pendant de longues minutes. Le cortège a quitté les lieux sous de nouveaux applaudissements nourris, une tradition réservée aux artistes.

Alain Bashung a ensuite été inhumé hier au Père Lachaise, fameux cimetière parisien, dans lequel reposent de nombreux artistes, dont l'Américain Jim Morrison, le chanteur des Doors, Édith Piaf ou Yves Montand.

Une foule d'un millier d'anonymes était maintenue à distance par des barrières à quelques dizaines de mètres. Une fois les invités partis, les barrières ont été ouvertes pour laisser les fans d'Alain Bashung défiler devant sa sépulture.

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