Première édition de la SIUD, le bilan - Un succès fou, fou, fou

Plein partout. Des gens refusés à l'entrée du Quai des brumes, du Cheval blanc. La ruée, le raz de marée. L'urbaindesboismania. J'exagère? Si peu. La semaine dernière, pour parler événements événementiels en ville, il y avait Céline au Centre Bell, et Urbain partout ailleurs.

Avec ses formidables amis chanteurs et musiciens en première partie. Et d'autres amis aux tables. Et des amis debout. Et des amis dehors. Urbain Desbois a beaucoup d'amis, plus d'amis qu'il ne l'imaginait, et Urbain Desbois a beaucoup d'imagination. La Semaine internationale d'Urbain Desbois a non seulement été triomphale, mais triomphalement amicale.

Urbain Desbois, «fatigué mais content», en était hier à l'heure du bilan. Trop vanné pour convoquer une seconde conférence de presse en deux semaines, c'est par voie de communiqué — l'habituel communiqué de grand festival, farci de statistiques et de chiffres ronflants — qu'il a témoigné de cette première expérience d'un festival de lui-même par lui-même et pour tout le monde: «Quatre-vingt-huit kilomètres, douze dollars de gaz, zéro motel, une contravention de parking, plein de photographies par plein de photographes (cinq ou six), plein de nouveaux amis, neuf taxis, trop de bénévoles, six entrevues radio, quatre journaux, dix moutons, neuf moineaux, trois poutines, deux cheeseburgers, un shish-taouk, et la liste est incomplète.»

Oui, la Semaine internationale d'Urbain Desbois (SIUD) s'est révélée un succès retentissant, même qu'en tendant un peu l'oreille en passant à la hauteur du 809, Ontario Est, dimanche soir, cela s'entendait. Sacré beau bruit véhément que celui d'Urbain Desbois et ses quatre musiciens, bien plus rock dans l'attitude qu'on pourrait le penser (avec Pierre-Luc Laflamme à la deuxième guitare, ça déménageait autant qu'un 1er juillet). C'était plus tranquille la veille, au Centre d'interprétation d'Urbain Desbois (CIUD), angle Saint-Laurent et Bernard, la grande exposition des oeuvres et artefacts d'Urbain Desbois, dont Urbain Desbois lui-même en personne. Et encore, plus tranquille, c'est relatif: moult vernissages furent moins courus. Et je suis arrivé tard.

Ça valait le coup d'oeil et l'entrée gratuite. En dessins, tableaux, photos et même en pâte à modeler (ou était-ce de la résine?), la bonne tête à lunettes d'Urbain Desbois était déclinée. Et la bonne tête à lunettes d'Urbain Desbois se promenait parmi ses déclinaisons, telle une oeuvre d'art énervé (l'art énervé, il fallait y penser). La table des produits dérivés était particulièrement bien garnie, et je m'y serais bien ruiné s'il y avait eu des t-shirts à ma taille (deux modèles: l'un illustré d'une théière, l'autre d'un rond de poêle, l'un n'allant pas sans l'autre). Je suis reparti avec le lot de lithos en cartes postales signées Mille Putois, et c'est bien le manque d'espace qui m'a empêché de faire main basse sur la boîte d'allumettes «Kit de survie / poèmes d'urgence». J'ai tout de même noté le mode d'emploi, on ne sait jamais: «Dans le noir, ouvrir la boîte. Sortir le message. Gratter l'allumette. Lire. Revenu dans l'obscurité, apprécier le moment.»

Apprécier le moment? Et comment! Toute la semaine durant, les moments appréciables auront abondé. De quoi patienter jusqu'à la deuxième édition de la SIUD. «J'ai des idées incroyables», a déclaré Urbain Desbois.

À voir en vidéo