Les 8es Rencontres de l'ADISQ - Public, qu'en penses-tu ?

Depuis le premier téléchargement de fichier musical rendu possible par le moyen du logiciel de compression MP3, l'industrie du disque cherche. Et cherche et cherche encore comment juguler l'hémorragie, véritable saignée des chiffres de vente annonciatrice d'une mort à plus ou moins court terme de l'industrie même. Chez nous comme ailleurs, on ne parle que de ça dans toutes les causeries et colloques des gens du milieu. Aux 8es Rencontres professionnelles de l'industrie québécoise du disque, du spectacle et de la radio, où l'on s'occupait avant le MP3 de sujets aussi pointus que la gérance d'artistes, ce sera aujourd'hui et demain, à l'hôtel Wyndham, comme c'était l'an dernier et l'année d'avant: un grand tour de la salle d'urgence.

Les titres des ateliers d'aujourd'hui pourraient en cela être ceux d'un colloque sur le cancer: on y évalue essentiellement les plus récentes tentatives de traitement. «Les nouveaux modèles de distribution en ligne de musique sont-ils des alternatives viables face aux services gratuits sur Internet?», s'enquiert-on. «Le bouleversement dans le monde de la musique commande de nouvelles mesures législatives et réglementaires: quelles sont-elles?», s'informe-t-on. «La solution eworldmusic.com/Disques RSB: un modèle d'affaires Internet québécois pour les producteurs de disques», suggère-t-on. Et ainsi de suite. Autant de variantes des ateliers des dernières années: la grande originalité, car il y en a une, consiste à ne pas en parler uniquement entre gens inquiets. On a en effet convié à la bringue le public consommateur de MP3. C'est-à-dire qu'on a échantillonné la clientèle jeune jusqu'à constituer un groupe «d'étudiants du niveau collégial» qui lancera le débat ce matin en compagnie de Michel Dumais, chroniqueur nouvelles technologies au Devoir, en plus d'assister à tous les ateliers et faire part d'observations que l'on espère pertinentes — ou au moins insolentes — à la fin de la journée.

Demain, histoire de montrer que la vie continue, on parlera du projet de «Quartier des spectacles» cher à l'Équipe Spectra, de l'importance des politiques culturelles fortes, on se donnera de bons trucs pour «retenir plus longtemps l'attention de l'auditeur à la radio» (mon truc à moi: laisser de bons disc-jockeys programmer leurs émissions), et, oui, on en saura plus qu'on n'a jamais osé le demander à propos du beau métier «méconnu» de gérant d'artistes. Bon sujet, à bien y penser. À l'heure de la «Star Ac» et de ses vedettes à la chaîne, c'est peut-être bien le seul métier d'avenir de l'industrie.