Mes Aïeux au Métropolis - Célébration tout en contrastes

Ils l'avaient annoncé. Ce qui est doux allait être plus doux. Ce qui brasse allait brasser davantage. Ils l'avaient annoncé et ils ont tenu parole hier soir au Métropolis à moins d'une station de la ligne orange.

D'entrée de jeu, on nous propulse dans l'atmosphère du métro. Les musiciens font leur entrée en complets cravates et robe de soirée sous une arcade éclairée en rouge. Le groupe choisit alors la ligne douce, lançant Notre-Dame-du-bon-conseil avec des harmonies vocales planantes. C'est la fête tout de même.

Le rythme change et gagne en intensité. Visiblement, les artistes sont heureux de rentrer au bercail. On entame alors le décompte, celui du Déni de l'Évidence sur le tic tac rythmique et la musique foraine, sans banjo. On se met à swinguer pour vrai. Le public répond vivement. On joue les anticlimax. On fait sautiller légèrement. C'est le délire, mais de courte durée, puisque les artistes avaient opté pour l'art des contrastes en première partie. Le jubilation on la garderait pour la suite.

Ils ont le sens du théâtre et de la mise en scène. Les entre tounes sont fort bien construites. Tout est abordé: la politique qu'ils s'empressent de délaisser pour annoncé un Qui nous mène syncopé; la prière avec l'orgue pour introduire l'évangile selon Bill Gates de Prière cathodique, le conte urbain pour présenter le tambour autochtone que Stéphane Archambault utilisera dans le repos du guerrier. On cite régulièrement le folklore, mais pas seulement celui du Québec. La Corrida de la Corriveau réservera un violon tsigane, de la trompette mariachi, des accents flamencos et même de la mélopée plaintive. Grand Antonio plongera dans les atmosphères est-européennes de façon plus langoureuse que sur le disque. Chaque pièce cache de nombreuses couleurs et chacune est fort différente des autres. Certaines seront cuivrées, d'autres, électrifiées assez lourdement. On se la joue même psychédélique. On chante une messe ponctuée d'un clin d'oeil aux parfums anciens avec Tricot Machine. On les garde pour présenter L'Ours avec un arrangement minimal. La table est alors mise pour la deuxième période qui commence avec l'ambiance du forum, la légende d'Howie Morenz et les chandails de hockey.

Les succès s'accumuleront et le violoncelliste Claude Lamothe sera de la fête. On lui laissera même son medley à lui. Avec ou sans lui, on s'éloignera souvent du nouvel album. Au fait, à n'en pas douter, Mes Äieux vient de se libérer de Dégénérations. Le groupe possède assez de ressources pour accéder à la prochaine station.

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Collaborateur du Devoir

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