Les Wriggles, c'est tout ça, et c'est pas ça non plus

Sur scène, les trois chanteurs oscillent entre de petites saynètes humoristiques et des morceaux souvent comiques, parfois plus tendres, joués avec presque rien.
Photo: Sur scène, les trois chanteurs oscillent entre de petites saynètes humoristiques et des morceaux souvent comiques, parfois plus tendres, joués avec presque rien.

Après 14 ans d'existence, six albums, dont une compilation, deux DVD et une nomination aux Victoires de la musique, le groupe français de chanson humoristique Les Wriggles reste encore très méconnu en sol québécois, peut-être parce qu'il n'y a jamais posé le pied. Ce qu'il corrigera ce soir au Lion d'Or, dans le cadre du Coup de coeur francophone, avec un concert presque prémonitoire axé sur le système économique.

La popularité des Wriggles dans l'Hexagone ne peut être remise en question, eux qui ont déjà rempli à pleine capacité le Zénith et l'Olympia grâce à leurs textes comiques, inspirés de l'actualité, et à leur musique très simple, basée sur les harmonies de voix et la guitare à cordes de nylon. Comme si Tryo était tombé dans la marmite de l'ironie quand il était petit.

Pendant les 12 premières années d'existence de la formation, Les Wriggles était formé de cinq membres, qui se sont rencontrés à l'école de la rue Blanche, de son véritable nom l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre. Mais en 2006, deux membres partent, laissant Christophe Gendreau, Stéphane Gourdon et Frédéric Volovitch seuls dans l'aventure.

«On avait toujours ce désir de continuer et de chanter, explique Christophe Gendreau au bout du fil, mais on a eu cette crainte, qu'est-ce qu'on va faire, va-t-il falloir remplir... » Les trois Wriggles se sont donc retroussé les manches pour composer plusieurs nouvelles chansons, qui ont nourri l'album Tant pis! Tant mieux!, paru en 2007. «Notre spectacle, on le fait donc avec de nouvelles créations, en ne reprenant que quelques-unes des anciennes chansons, alors on n'a pas cette sensation d'avoir à boucher les trous.»

Comiques rouges sur fond noir

Depuis leurs débuts sur scène, les Wriggles sont toujours vêtus de rouge. Symbole? Plus simple pour le lavage? «Le rouge, on l'a choisi parce qu'on avait trouvé des costumes à pas cher qui passaient pour tout le monde, rigole Christian Gendreau. Et en plus, comme on a un nom de scène imprononçable pour les Français, eh bien on s'est fait reconnaître avec ça: "Tu sais, le groupe là, les Fwrlgesd... les mecs en rouge!"»

Sur scène, les trois chanteurs oscillent entre de petites saynètes humoristiques et des morceaux souvent comiques, parfois plus tendres, joués avec presque rien. Une guitare passe de mains en mains, trois voix se font entendre, et Stéphane Gourdon y ajoute son talent de percussionniste vocal (human beatbox). «On aime bien ces chansons plus intimistes, parce qu'elles arrivent comme un petit cheveu sur la soupe. La foule s'attend encore à rire, et hop, on arrive avec un morceau tout plein d'émotion.»

Comiques ou tendres, donc, Les Wriggles? «Même si les chansons parlent d'un sujet pas drôle, il y a toujours une petite phrase qui va faire sourire. Mais ce n'est pas donné uniquement aux gens qui font de la chanson d'humour... N'essayons pas de classer les choses, lance Christophe. Les Wriggles, c'est tout ça, et, en même temps, c'est pas ça!»

Le spectacle qu'ils présenteront ce soir au Lion d'Or est présenté depuis plus d'un an et demi en Europe, et traite, tiens donc, de notre cher capitalisme. «On n'est pas des devins, on l'a axé autour du système économique avant que ça se pète la gueule!»

Rire en plein coeur de la crise, donc? Pourquoi pas, dit Christophe. «Comment on s'en sort nous, en tant qu'être humain, en tant que citoyen dans tout ce foutoir? On va s'en moquer un peu, et essayer de se faire du bien dans tout ça. On prend du recul face à la société.»

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- Les Wriggles, avec le Benoît Paradis Trio, ce soir au Lion d'Or à 20h30, 18,50 $