Juan Sebastian Larobina: «Excusez-la!»

Juan Sebastian Larobina considère le trad québécois comme une musique du monde au même titre que toutes les autres. Photo: Coup de coeur francophone
Photo: Juan Sebastian Larobina considère le trad québécois comme une musique du monde au même titre que toutes les autres. Photo: Coup de coeur francophone

Il vit à Montréal, est né dans le sud de l'Argentine, a vécu son adolescence au Mexique, mais se définit d'abord comme un latino gaspésien pure laine. Et tout cela transparaît parfaitement dans la musique que Juan Sebastian Larobina présentera dimanche soir au Lion d'Or, en clôture de Coup de coeur francophone. Il peut épicer la salsa du reel, marier la cumbia à la turlutte, faire se rencontrer la chacarera et la gigue, chanter du country en espagnol, surfer avec du charango bolivien sur des pieds québécois.

«Ce mélange s'est fait tout naturellement par intégration, avec des gens qui connaissent ces musiques et qui jouent avec moi, explique Juan Sebastian Larobina. Ce n'était pas mon voeu de faire cela, mais je commence à réaliser ce que nous créons et j'en suis très fier. Je vais prendre un cours de musique traditionnelle 101 pour mieux connaître le reel, la gigue, les petites passes croches et toutes les fusions possibles. Je veux maintenant être conscient du mix que je fais.»

Juan Sebastian considère le trad québécois comme une musique du monde au même titre que toutes les autres. Il l'a découvert en Gaspésie où il a vécu durant 11 ans avant de s'installer à Montréal l'an dernier. Tout cela a commencé au Mexique par une histoire d'amour. Avant de partir pour el norte, il a mis une flèche sur une carte postale et s'est imaginé sa Gaspésie à lui. «Je croyais arriver dans un village de pêcheurs des années 50. Je me suis rendu compte qu'il y avait plus de béton et de centres d'achats. Beaucoup plus de neige aussi.»

Auteur-compositeur, il s'est également épris pour la culture de la région. «J'adore la Bolduc et certaines de mes chansons renferment des histoires simples qui ressemblent aux siennes», explique-t-il, volubile comme un vrai latino nordique. S'il n'est pas le premier à opter pour ce dialogue musical nord-sud puisqu'Alberto Kurapel s'en est inspiré dès les années 80, son intégration des rythmes populaires des deux pôles du continent confère à sa musique un groove contagieux. «C'est un peu comme les Brésiliens. On essaie de faire tripper les gens, même si plusieurs mots peuvent être durs. Parce que j'écris également des textes autobiographiques ou d'autres qui sont très engagés. Je dirais même plus enragés qu'engagés.» En dépit de cela, on a malgré tout l'impression qu'il finira la soirée en envoyant un «Excusez-la!» bien senti.

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Collaborateur du Devoir

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- Au Lion d'Or, le dimanche 16 novembre à 20h. Renseignements: 514 790-1245.