Rock progressif et crème Budwig, avec Polipe

Après avoir fait la première partie de Malajube aux FrancoFolies de 2007, collaboré et tourné avec Navet Confit et après avoir participé aux dernières Francouvertes, le trio rock francophone Polipe est selon toute vraisemblance à la veille d'une éclosion certaine.

À preuve, après six ans de musique en commun et un mini-album remarqué pour sa belle énergie, le groupe aux inspirations anglo-saxonnes des années 1960 et 1970, aux volutes progressives, est maintenant en négociations avec des maisons de disque, question d'obtenir un peu d'aide pour l'enregistrement et la parution de leur premier disque, à paraître l'an prochain si tout va bien.

Et le bassiste Antoine Tardif, le guitariste Francis Lafleur et le batteur Pierre-Luc Bégin, trois amis ayant grandi à Saint-Antoine de Tilly, sont plus sérieux que jamais. Il n'y a qu'à entendre Pierre-Luc parler du travail et des ajustements que Polipe effectue depuis quelques mois pour s'en convaincre. «On est tous très assidus sur nos instruments et dans plusieurs styles, on est tous pas mal dans la théorie. On travaille aussi du côté des voix, on a suivi des cours de chant à trois, ça nous a éveillés là-dessus.»

Polipe s'est souvent fait dire que sa musique était trop touffue, un peu difficile à démêler. «Ça vient probablement du fait qu'on se soit forgé comme groupe instrumental», explique le batteur, aussi calme au téléphone qu'il est déchaîné sur scène. «Comme il n'y avait pas de voix, on remplissait le vide avec nos instruments. La transition avec un chanteur a fait changer les choses un peu, et on s'est rendu compte que si on ajoutait une voix, fallait que d'autres choses disparaissent un peu.»

Au lieu d'empiler les idées venant des trois têtes du groupe, Polipe compte plutôt dépouiller certains aspects de leur musique «pour faire ça vraiment plus pop» tout en gardant et en approfondissant l'aspect prog. «On va s'installer avec une guitare acoustique et aller chercher l'essence de la chanson», résume le batteur.

Ce qui ne changera pas, et ne tentez pas de les convaincre, c'est leur côté ensoleillé, joyeux, vitaminé... littéralement. «On essaie tous de rester en forme, on s'alimente bien, raconte Pierre-Luc. Le matin, les trois, on a un déjeuner, la crème Budwig, tu connais? On mange ça depuis peut-être un an et demi, pis on veut transmettre cet esprit-là dans les tounes. Il y a beaucoup d'artistes qui jouent sur la tristesse, pourtant, il y a tellement de musique joyeuse, regarde en Amérique du Sud... En français, dans le rock, ça ne s'est pas fait assez, il y a une énergie folle à sortir de ça.»

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- Polipe et Orange orange au Divan orange ce soir à 22h, 8 $.