Bïa au Club Soda - Une étoile dans la nuit

C'était soir de première montréalaise hier pour Bïa qui présentait son concert conçu autour de Nocturno, le disque qu'elle a fait paraître au début de l'année. La chanteuse s'est livrée à un voyage dans la nuit avec ses explorations amoureuses, ses égarements, sa douce folie et ses explosions de joie.

La première partie est présentée sous le signe de la douceur et de l'intimité. Au début. Bïa chante seule et s'accompagne à la guitare. Elle ne quittera plus ses cordes avant l'entracte. La musique est dépouillée. Charles Papasoff s'amène à la clarinette basse. Il réchauffera le climat d'une atmosphère feutrée. Les musiciens iront par la suite vers des touches jazzées délicatement, avant d'augmenter la cadence et de syncoper à la manière du Nordeste brésilien.

Bïa ne s'en tient pas qu'au seul disque Nocturno. Elle parle peu au début, puis se met à raconter ses histoires de village abandonné et de poésie détruite. Les images se succèdent et une étoile ne cesse de scintiller, de façon discrète ou rayonnante. Séductrice, un brin ingénue et drôle à la fois, la chanteuse raconteuse parvient à nous faire entrer dans ses rêves. Elle cause de spiritualité ou d'amour loufoque, chante, fait la percussion vocale, parvient à libérer l'énergie de sa voix, aller vers les graves, donner de la profondeur à son chant. Visiblement, elle nous espère sur un tapis volant.

L'orchestre est excellent et polyvalent. Clarinette et saxophone, accordéon et violon alternent pour survoler la batterie et les guitares. Certaines pièces sont dépouillées, d'autres sont lancées avec tous. Bïa offrira des duos avec accordéon et violon avant de prendre une pause.

Après l'entracte, le batteur Sacha Daoud relance le rythme au tambourin et Bïa se met à bouger. Le danseur Marcos Brasil s'amène aussi . On commence à humer des parfums afro-brésiliens et voilà que Paulo Ramos entame deux pièces de Baden Powell. Le ton a déjà monté d'un cran et la nuit révélera maintenant ses étincelles.

Collaborateur du Devoir