Coup de coeur francophone - Maître J, rappeur bipolaire

Quelque part entre hip-hop et chanson, le rappeur québécois Maître J se taille depuis quelques mois une place de moins en moins marginale sur les scènes et sur les ondes de la province. Le voici qui débarque ce soir au Divan orange pour défendre ses textes un peu putain et un peu prude, un peu gars de party et un peu prof de philo.

Parce que Maître J, de son nom Jérémie McEwen, est bel et bien professeur de philosophie au niveau collégial, tout en étant rappeur en solo et avec son groupe Nul si découvert, «un band de testostérone, sans censure».

Sur L'Apprentissage, son premier mini-album solo de six titres, le Montréalais de 28 ans fait ce qu'il appelle «du hip-hop expérimental». Pas de panique. Il n'y a d'expérimental ici que le fait de sortir un peu des «codes» du hip-hop, en mélangeant la chanson et les rythmes, en combinant des facettes de lui qui ne sont pas nécessairement «raccord», comme on dit en cinéma.

«J'aime danser le vendredi soir sur de la musique pop dans une discothèque, mais je suis aussi quelqu'un qui aime lire des ouvrages philosophiques le mardi matin, raconte McEwen, sans prétention aucune. C'est un idéal de la Grèce antique que d'accorder sa pensée à sa façon d'agir. Mais, de mon côté, et dans la société contemporaine, le divorce est consommé. Avoir une vie intellectuelle et, en même temps, plus... charnelle, je n'ai aucun problème avec ça. C'est simplement accepter qu'on ne soit pas unidimensionnel.»

Très varié dans ses trames musicales — quelque part entre les basses de Ghislain Poirier et le picotement des blés de Charlebois —, Maître J chante le voyage, l'enfance, la bipolarité, la masturbation et... la religion. Encore une fois, sacré mélange. «J'ai beaucoup travaillé sur les liens entre la religion et la philosophie, et c'est très présent dans mes chansons. À la croisée, par exemple, c'est carrément une chanson sur la conversion. Ça nous touche tous, ne serait-ce que par la base chrétienne du Parti républicain américain, ou par le débat québécois sur les cours Éthique et culture religieuse, parce qu'on ne sait pas trop quoi faire avec ça... »

Sur la scène du Divan orange, ce soir, c'est Jeune Chilly Chill qui amorcera la soirée. Maître J sera quant à lui entouré de deux nouveaux musiciens, KiloJules (La Patère rose, Misteur Valaire) et son ami Arafphat, guitariste et rappeur de Nul si découvert. «C'est pas mal plus dénudé, ça met plus en avant les textes, explique McEwen. Ça donne un son plus cru, moins pop, pas de flafla.»

- Jeune Chilly Chill et Maître J au Divan orange ce soir à 22h,

8 $ à la porte.
1 commentaire
  • Robert Papineau - Abonné 11 novembre 2008 16 h 41

    source de l'inspiration!?

    En lisant les sources d'inspiration de ce Maître J, on croirait se retrouver dans un collège classique au début des années 60... ça fait sourire... comme quoi rien de se perd rien ne se crée!