Festival du monde arabe - Fous de Dieu: une spiritualité d'ouverture

Vendredi soir au Théâtre Maisonneuve, le Festival du monde arabe (FMA) présente Fous de Dieu, création originale et concept de spiritualité d'ouverture qui regroupe les Derviches tourneurs d'Alep, les maîtres musiciens Abdelkader Amlil et Hassan Boussou qui étaient du Sommet Gnawa, le Montréalais d'origine sénégalaise Musa Dieng Kala et la troupe autochtone Odaye.

«La majorité de ces artistes sont d'obédience soufie, la voie mystique de l'islam. Chacun veut présenter la version telle qu'elle existe dans son pays et chacun veut démontrer que l'humain peut, par la musique et la danse, s'élever au-dessus du monde matériel et se rapprocher de Dieu. Les autochtones d'Odaye ne sont pas soufis, mais leur message est le même: l'amour et le respect de l'autre», explique Siamak Nasr, le directeur artistique de l'événement. Compositeur et joueur de setar d'origine persane, Nasr est établi dans la région de Montréal depuis deux ans. S'il est encore peu connu ici, il a participé en 2000-01 à un concert du même genre en Inde.

Les Derviches tourneurs dansent pour partager l'amour des autres dans un tournoiement commun, alors que les maîtres musiciens gnawa font résonner une musique remplie de voix déchirantes, de montées incantatoires, puissamment soutenue par des percussions exubérantes et le guimbri, mi-luth, mi-basse, qui frappe comme le battement du coeur. De son côté, Musa Dieng Kala a fait paraître au début de l'année Exil, un disque révélant de saisissants dialogues interculturels et une main tendue au Moyen-Orient et au Québec.

«Chaque groupe présente sa partie mais tous se produiront ensemble au début et à la fin. Entre les deux, nous organiserons des échanges entre eux. C'est l'objectif. Les membres d'Odaye chantent et jouent des percussions alors que Musa Dieng Kala travaille avec une danseuse africaine. En plus, certains groupes peuvent chanter en arabe alors que d'autres peuvent faire les choeurs dans leur langue. Les percussions peuvent également se répondre. Tout cela est prometteur», conclut Siamak Nasr qui signe cette rencontre à la fois artistique et sacrée.

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Collaborateur du Devoir

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- Au Théâtre Maisonneuve, le vendredi 7 novembre à 20h. Sous la direction artistique de Siamak Nasr avec les Derviches tourneurs d'Alep, Abdelkader Amlil, Hassan Boussou, Musa Dieng Kala et Odaye. Renseignements: 514 841-2112. www.festivalarabe.com.