Musique classique - Schubert

Quelle artiste! Remarquez, je n'ai pas dit «Quelle chanteuse!», car ce qui frappe en premier lieu à l'écoute de ce disque est la proximité de Bernarda Fink avec son auditeur. Ce disque étonnant, parcours teinté de mélancolie, semble s'adresser individuellement à chacun.

La mezzo-soprano argentine a été la soliste de Kent Nagano dans son enregistrement des Nuits d'été de Berlioz. Son talent dans le domaine de la mélodie a éclaté au grand jour dans un disque Dvorák magique. La voici, scrutant la part la plus intime de Schubert. On l'avait constaté dans Berlioz, Bernarda Fink ne cherche pas la flamboyance vocale. Cela peut déconcerter dans Gretchen am Spinnrade (Marguerite au rouet), où l'on est habitué à bien plus de théâtre. Mais le propos est autre: il part du principe qu'il y a plus à découvrir dans la délicatesse que dans l'extraversion. Et quand Bernarda Fink vous chante «Nur wer die Sehnsucht kenn... » (seul celui qui connaît la nostalgie... ) dans Lied der Mignon, elle vous vrille le coeur. Profondément et durablement.

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Schubert

25 lieder. Bernarda Fink (mezzo), Gerold Huber (piano).

Harmonia Mundi HMC 901 901.