Spectacle - 50 ans de bossa nova avec Roberto Menescal et Marcos Valle: un genre régénéré

En spectacle, Roberto Menescal et Marcos Valle font le tour de cinq décennies d’un genre musical qui continue de se régénérer.
Photo: En spectacle, Roberto Menescal et Marcos Valle font le tour de cinq décennies d’un genre musical qui continue de se régénérer.

Deux légendes vivantes de la bossa portent fièrement sur la planète un spectacle-anniversaire qu'ils ont conçu au Brésil avec des musiciens brésiliens, mais qu'ils livrent à Montréal dimanche soir au Gesù avec des artistes locaux. Et non les moindres: Jean-Pierre Zanella au saxo, Jean-François Groulx au piano, Mathieu Cormier à la basse et Jim Hillman à la batterie.

Roberto Menescal, le grand guitariste, est considéré comme l'un des pionniers du genre. Producteur prolifique, il a inspiré son fils qui a cofondé Bossacucanova, la réponse brésilienne à la nouvelle bossa européenne. Marcos Valle fait quant à lui partie de la deuxième génération de la bossa. Fabricant de chanson émérite, il est devenu depuis les années 90 le personnage-culte du renouveau de la bossa sur la scène internationale.

De la bossa, on dit parfois que c'est de la samba distillée. Si la complexité rythmique semble disparaître, ce n'est qu'une illusion. Et l'harmonie y est plus riche. «C'était aussi un mode de vie, explique Marcos Valle. Au début, on célébrait avec élégance la mer et la beauté de la femme. De la poésie pure. Tu vis heureux et le soleil te brûle la peau sur la plage. De 1958 à 1964, jusqu'à l'arrivée des militaires au pouvoir, nous avons profité d'une énorme vague.»

«Puis, la bossa a vécu un recul au pays, poursuit Roberto Menescal. Le discours de la bossa était complètement contraire à celui de la répression. Les créateurs qui, comme Antonio Carlos Jobim, Carlos Lyra et Marcos Valle, voulaient continuer d'en faire ont dû quitter le pays. Parallèlement, le genre s'est mis à rayonner à l'extérieur et des musiciens de jazz comme Stan Getz ou des chanteurs populaires comme Sinatra se le sont approprié. Aux États-Unis, on s'est même mis à danser là-dessus.»

Cette évolution, de même que les nouveaux apports rythmiques insérés progressivement dans la bossa, sera transposée sur scène alors que les artistes feront le tour de cinq décennies d'un genre qui continue de se régénérer. Le titre du concert le démontre. «Nous l'appelons 50 ans de bossa nova et non 50 ans de la bossa nova», conclut Valle.

***

Collaborateur du Devoir

***

Au Gesù, le dimanche 5 octobre à 20h.

Renseignements: % 514 861-4378.