Je pope, tu popes, ils rockent Montréal

Le band de rock indie à tendance grunge Wintersleep. Après avoir lancé à l’utomne 2007 Welcome to the Night Sky, qui délaisse les vieilles habitudes grunge pour emprunter davantage aux sonorités folk, le quintette néo-écossais a connu une gross
Photo: Agence Reuters Le band de rock indie à tendance grunge Wintersleep. Après avoir lancé à l’utomne 2007 Welcome to the Night Sky, qui délaisse les vieilles habitudes grunge pour emprunter davantage aux sonorités folk, le quintette néo-écossais a connu une gross

Évidemment, les grosses pointures de la musique indépendante en tous genres sont encore au rendez-vous cette année, lire: l'auteur-compositeur octogénaire Burt Bacharach, la diva rythm'and'blues des bayous Irma Thomas, les enfants chéris et pionniers de l'électro-psychédélique Ratatat, ou encore la légende moustachue Nick Cave et son groupe The Bad Seeds. Mais Pop Montréal, c'est aussi un rassemblement multidisciplinaire dont le but est de réunir les principaux acteurs de la scène underground. La musique n'est que le plus beau prétexte au monde pour une croisée des chemins artistiques les moins fréquentés.

«Je pense que musique et culture font toujours partie d'un même tout, qu'ils sont indissociables, avance le directeur artistique Daniel

Seligman, décrivant la scène indépendante. Les musiciens indépendants exercent souvent d'autres formes d'art. Bien sûr, la musique demeure le point focal du festival, mais les autres segments la complémentent, comme dans le quotidien des artistes. Nous avons voulu faire une fête qui couvrait toute la scène. Que ce soit la musique, les arts visuels, le cinéma; tous ces genres incarnent l'esprit de la création artistique indépendante.»

L'épithète, dont le dérivé «indie» représente un genre musical en soi, fait effectivement référence à un processus de création autonome, en dehors des circuits traditionnels de l'industrie. Les artistes qui choisissent la voie indépendante et le statut précaire qui l'accompagne souvent sont appelés à développer de nouvelles aptitudes, par nécessité. Que ce soit pour la conception d'une pochette, d'une affiche ou d'un vidéoclip, les technologies numériques, véritables révélateurs de talent, permettent aujourd'hui le foisonnement de ce genre d'initiatives.

C'est dans cet esprit Do It Yourself, littéralement Faites-le vous-même, qu'est né Pop Montréal, il y a maintenant sept ans. Le festin musical a élargi ses horizons depuis, pour se déployer en cinq volets représentant chaque pan de la contreculture indie, qui se veut une forme de protestation à l'égard des majors de l'industrie du disque, sinon carrément un mode de vie. À ce sujet, le volet «Symposium» est d'ailleurs consacré comme espace de discussion. Depuis mercredi et jusqu'à dimanche, débats, ateliers, sessions d'écoute et autres conférences se détrouleront au Centre culturel du Mile End (Green Room et Main Hall), autour «de la musique, de la culture et de la créativité afin de bâtir des mouvements et de devenir vecteurs de changements».

Toujours avec pour trame sonore la musique indépendante, le volet «Film Pop» est quant à lui consacré au septième art. Seront présentés, pour la plupart au Cinéma du Parc, des films qui touchent de près ou de loin à la musique, précédés de courts métrages documentaires ou fictifs. Ce soir, les mélo-cinéphiles devront par exemple faire un choix déchirant entre le monde de l'affichage, démystifié par le film Died Young Stayed Pretty, qui donne la parole aux illustrateurs ayant collaboré avec les Arcade Fire, Sonic Youth et autres Broken Social Scene de ce monde, et une incursion dans la scène rockabilly montréalaise documentée par Rockabilly 514. Argument convaincant, la présentation de ce dernier documentaire sera suivie d'une performance de Blue Light Burlesque, The Cockroaches et Bloodshot Bill.

Les arts visuels ne sont pas en reste non plus au sein de la programmation Pop Montréal. Investissant divers lieux, des galeries d'art aux endroits publics en passant par les librairies, bandes dessinées, performances et installations multimédia garnissent le segment «Art Pop» du festiv/al. À voir entre deux concerts, durant vos nombreux déplacements d'une salle à l'autre. À ce sujet, l'équipe de Pop Montréal a décidé cette année de mettre des vélos à la disposition du public pour la durée du festival.

L'événement réserve aussi pour la première fois une place de choix à la plus fraîche génération d'artistes et de penseurs progressistes par le volet «Kids Pop». S'adressant tant aux enfants qu'à leurs parents, ce volet comprend une série d'ateliers interactifs gratuits pour inciter les jeunes à intégrer la création à leur univers. Chasse au trésor des bruits de la ville, construction d'une ville en carton, confection de jouets ou initiation à différents processus créatifs sont au menu de ce segment, qui se déroulera à l'école Lambert-Closse (au coin de Bernard et Saint-Urbain) toute la fin de semaine.

Autre nouveauté de cette septième édition: le théâtre fait une incursion dans l'objet Pop Montréal au moyen d'un partenariat avec la pièce Transhumanisme, une création originale inspirée par le livre Un Nouvel Homme nouveau, du collègue Antoine Robitaille. «La trame sonore occupe une place importante dans la pièce et elle a été composée par Élise Lacasse et Yann Godbout [Yann des groupes Half Baked et Brigitte Bordel], fait remarquer Chloé Beaulé-Poitras, relationniste de la pièce. Mais c'est quand j'ai constaté que nos représentations tombaient en même temps que Pop Montréal que j'ai décidé d'approcher l'organisation. J'avais remarqué que Pop élargissait ses horizons d'année en année avec Art Pop, Film Pop et Puces Pop. Je me suis dit que le projet Transhumain pourrait constituer la globule théâtre du festival.» L'âme Do It Yourself de l'événement a évidemment été séduite par cette pièce qui aborde l'impact actuel de la technologie sur la vie humaine. À ce sujet, des discussions animées par divers spécialistes suivront chaque représentation (au Théâtre Sainte-Catherine, tous les jours à 20h, sauf dimanche à 14h).

Le segment Puces Pop propose finalement la plus grande foire d'art et d'artisanat faits à la main de Montréal. Vêtements originaux, bijoux et accessoires côtoieront l'échange d'équipement et de matériel musical, à l'entrée de l'église Saint-Michel (105, rue Saint-Viateur Ouest).

Pour plus de renseignements sur les quelque 400 artistes et la centaine de spectacles et événements liés au festival, consultez le site www.popmontreal.com.

***

Collaboration spéciale