Concerts classiques - Suivez le chef...

Ce concert de créations du XXIe siècle, couplées au chef-d'oeuvre qu'est le Concerto pour orchestre de Bartók, avait attiré une assistance honorable à Wilfrid-Pelletier. L'appel du Violon rouge a permis de dépasser les scores habituels du genre. Ce fameux titre du film de François Girard est associé depuis 2003 à un concerto de près de quarante minutes.

John Corigliano n'est jamais aussi convaincant que dans la musique élégiaque — ces grandes et lentes envolées dans l'aigu sur le fil du rasoir, qui marquent la Chaconne initiale et le 3e mouvement, Andante flautando. Le reste, nettement plus anguleux, avait de quoi déconcerter ceux qui pensaient qu'ils entendraient du John Williams ou quelque chose de simple et éloquent.

Il n'en reste pas moins que, contrairement au Concerto pour violon d'Unsuk Chin, l'oeuvre de Corigliano est un vrai concerto, c'est-à-dire un dialogue soliste-orchestre, au coeur d'une partition virtuose. C'est là aussi sa relative limite, l'ensemble tournant un peu au catalogue de difficultés.

Joshua Bell défend depuis septembre 2003 cette composition comme jadis Isaac Stern L'Arbre des songes de Dutilleux. Sa sonorité à la fois moelleuse et puissante est fascinante, notamment dans un second mouvement, Pianissimo scherzo, encore plus raffiné que dans son enregistrement.

Ramon Humet est le lauréat du premier concours de composition de l'OSM. Il avait concouru avec Escenas de pajaros, oeuvre aviaire flamboyante. Il est revenu avec Escenas de viento, catalogue d'effets sonores rares, souvent dans le registre de la scintillance. Il n'en reste pas moins que c'est de la cogitation sonore pour happy few, bien caractérisée par le verbiage générique décrivant le volet Mistral comme «des couches de gestes musicaux divers» dans un «matériau à la fois comprimé et développé dans le temps». On ne nous dit pas si ça se prend en suppositoire ou en gélules. Peut-être à doses homéopathiques massives?

Le bon moment de la soirée fut la très saine musicalité de Jacques Labombe dans Bartók. Cela fait plaisir d'entendre des nuances observées, des tempos qui ne s'affaissent pas, des textures justes; bref, la partition comme elle est écrite. Dans l'esprit, en ne lâchant jamais la bride et en traduisant l'urgence désespérée du Bartók tardif, Lacombe a visé mille fois plus juste qu'Inbal il y a quelques années. Son Finale pourrait être une bombe. Il suffit à l'orchestre, ce soir, de l'assimiler et de suivre le chef...

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Collaborateur du Devoir

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LES GRANDS CONCERTS

Ramon Humet: Escenas de viento (première mondiale). John

Corigliano: The Red Violin Concerto. Béla Bartók: Concerto pour orchestre. Joshua Bell (violon), Orchestre symphonique de Montréal, dir. Jacques Lacombe. Salle Wilfrid-Pelletier, mardi 30 septembre 2008. Reprise ce soir.
1 commentaire
  • John Doe - Inscrit 2 octobre 2008 18 h 11

    Drôle de bonhomme.

    M. Vous êtes vulgaire, de mauvais gout et manquez d'ouverture.

    Drôle de mélange...