Septième édition de Pop Montréal - Friandises pour mélomanes

Le festival Pop Montréal est comme un magasin de friandises pour mélomanes. Plus de 400 artistes, une centaine de spectacles et une cinquantaine de salles seront mobilisés jusqu'à dimanche pour ce buffet qui n'est pas que musical. Avant d'entamer les festivités ce soir dans la métropole, Le Devoir a rencontré le directeur créatif de Pop Montréal, Daniel Seligman, et son coordonnateur artistique et directeur des opérations, Guillaume Decouflet.

L'épithète «pop» ne doit plus être réservée qu'aux seuls succès commerciaux. La forme accrocheuse et simple de la musique pop se décline effectivement en différentes configurations sans que celles-ci soient vouées pour autant à la commercialisation à grande échelle. C'est du moins ce qui anime les organisateurs de ce festival, qui en est à sa septième édition.

«On redéfinit ce qu'on appelle la musique pop, raconte Decouflet, rencontré lundi avec Seligman dans des bureaux grouillants d'activités. Nous sommes à la limite de la pop et de l'expérimentation. Le choix du mot "pop" dans le nom du festival visait aussi à se réapproprier ce terme pour que ce ne soit plus Britney Spears, Shakira ou Céline Dion qui en possèdent l'exclusivité.»

«Il y a différents goûts artistiques dans l'équipe et entre les différentes scènes montréalaises, ajoute Seligman. On choisit des spectacles et des artistes qu'on veut amener à Montréal, mais il y a aussi des promoteurs de spectacles locaux qui participent à la programmation. Par exemple, Nick Cave est un artiste incroyable mais, bien qu'il soit dans la programmation officielle, c'est un promoteur local qui produit le spectacle.»

Pop Montréal est en effet connu pour ses caractéristiques rassembleuses et ses événements hors du commun. Que ce soit dans ses segments Film Pop, Puces Pop, Art Pop ou le tout nouveau Kids Pop qui prendra la forme d'une ville en boîte de carton, le festival propose plusieurs expériences uniques. Côté musique, plusieurs lieux oubliés de la ville reviennent ainsi à l'avant-plan: la salle de l'Association portugaise, le cinéma L'Amour ou encore l'église Saint-Jean-Baptiste n'en sont que quelques exemples. Cette philosophie complique d'ailleurs beaucoup l'organisation du festival.

«On est à l'opposé de ce que la ville ou l'arrondissement souhaiteraient parce qu'on leur donne beaucoup de difficultés avec nos différents permis spéciaux. En plus des salles habituelles comme le Métropolis ou le Théâtre National, nous investissons des endroits uniques chaque année, des endroits qui ont une âme et une histoire. On privilégie ainsi l'éclatement à la concentration.»

«Je pense que c'est important parce que les bâtiments et les endroits comme le Temple maçonnique ou la Fédération ukrainienne font partie de l'histoire de la ville, d'ajouter Seligman. Bâtir autour des environnements culturels et communautaires est très important pour nous.»

Avec une programmation en grande partie sélectionnée en collégialité avec des membres de l'industrie, Pop Montréal n'a plus rien à envier à quiconque. Son originalité surpasse même celle des autres grands festivals du genre de New York (CMJ) ou de Toronto (North by Northeast).

***

Collaborateur du Devoir

***

- Surveillez les suggestions Pop Montréal des journalistes du Devoir, chaque jour jusqu'à samedi. Programmation complète: www.popmontreal.com.