Musique classique - Fin de saison réussie à l'OSQ

Le choix était à la hauteur. Mozart, Yoav Talmi, l'Orchestre symphonique de Québec et son choeur pour une fin de saison particulièrement vibrante. Lundi soir, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre, le public a également répondu à l'invitation. Est-ce en raison de la grande popularité des oeuvres au programme ou l'OSQ qui s'exécute toujours mieux en présence d'un homme de la trempe de Talmi? Avec la Symphonie n° 40 et le Requiem, la soirée s'annonçait riche en émotions. La rencontre s'est avérée fructueuse.

En ouverture, on a eu droit à une Symphonie n° 40 souple et limpide qui mettait en évidence les qualités indéniables de l'OSQ. L'équilibre, les contrastes polyphoniques mais aussi un calme très subtil venaient encadrer la plus célèbre des symphonies de Mozart. Le premier mouvement prenait un certain recul afin de mettre en évidence une rondeur qui se distinguait peu à peu. Le travail des cordes allait devenir plus rapide et haletant jusqu'à la course finale. L'Andante resplendit d'une lumière aveuglante qui va au bout de ses intentions. La détresse s'estompe pour faire place à une joie prenante. Grâce à la direction de Yoav Talmi, l'énergie remplace des effets dramatiques inutiles. On ne tombe pas sur un interprétation mozartienne trop capricieuse ou prévisible. L'OSQ gagne également en force comme en profondeur.


Cette lutte aux allures héroïques est rendue avec brio. Tout était donc en place pour un Requiem dans sa version originale, c'est-à-dire celle achevée par Franz Xaver Süssmayr.


Dès les premières notes, l'Introitus filait à vive allure. Un départ un peu rapide qui ne laissait peut-être pas assez d'espace au recueillement de la longue marche funèbre. Par contre, avec le Kyrie, la fugue allait défendre une ampleur tragique et contemplative. Le bond pouvait surprendre, mais la vision musicale du chef ne trahissait aucunement la dimension théâtrale du Requiem. L'image manque peut-être de force au début, mais la tension s'ajuste avec le Dies Irae. Les couleurs sont particulièrement foisonnantes grâce à un choeur symphonique très bien préparé. On a rarement eu la chance d'assister à une prestation aussi convaincante de la part du choeur symphonique de l'OSQ. La puissance, mais également un contrôle assez juste permettaient de saisir bien des contrastes. L'Offertorium comme l'Hostias comptent parmi les moments les plus précieux à retenir de ce concert. Le ton était posé, puis se condensait dans une texture orchestrale toujours solide et nerveuse. En ce qui concerne les solistes, difficile de ne pas remarquer la présence très forte de la soprano Donna Brown qui misait sur une grande douceur tragique. La basse Thomas Goerz a aussi bien paru, tout comme le ténor Colin Balzer. On aurait peut-être souhaité un engagement plus solide de la part de la mezzo-soprano Michelle Sutton. Toutefois, l'interprétation dans son ensemble laissait deviner de grandes choses pour la prochaine saison du centenaire de l'OSQ. La dernière a lieu ce soir, toujours au Grand Théâtre de Québec.