Plus sérieux, mais toujours magnétique

Le guitariste François Lafontaine et le batteur Marc-André Brazeau arborent en tout temps leur sourire contagieux.
Photo: Jacques Grenier Le guitariste François Lafontaine et le batteur Marc-André Brazeau arborent en tout temps leur sourire contagieux.

Il existe peu de groupes qui s'amusent autant à l'ouvrage que le duo rock Band de Garage. À chacune de nos rencontres, au hasard d'un coin de rue, dans un studio de radio, en concert ou en entrevue, le batteur Marc-André Brazeau et le guitariste François Lafontaine arborent en tout temps leur sourire contagieux et parlent avec enthousiasme de leur musique, même quand elle est plus sombre que jamais.

Les plus curieux auront découvert Band de Garage à l'été 2006, alors que les deux amis de longue date lançaient leur premier album, Corpo-Trash-Vidange, sur étiquette C4 (Fred Fortin, Galaxie 500, Les Dales Hawerchuk). Dans un style qualifié de stoner rock — aux guitares lourdes comme des roches —, cet effort initial était truffé de textes comiques, voir un peu nonos, qui défilaient sur une trame musicale entraînante aux mélodies hyper accrocheuses. Résultat: sous la douche, on chantait leurs morceaux à tue-tête.

Mais voici qu'il y a quelques jours est arrivé sur notre bureau un deuxième album de Band de Garage, intitulé Cassette II. Déjà, la pochette aux couleurs légèrement délavées laissait présager que quelque chose avait changé. Allez hop, dans l'ordi... Oh.

«M'effacer au fond d'un trou / M'élever la corde au cou.» (Construction) Plus loin, sur Protecteur: «Elle enfonce mon cerveau / elle me ronge jusqu'aux dents / dans le bronze, dans la chaux / dans les ronces, dans le sang.» Fini, les pièces sur les voitures, les grenouilles et les sandwichs au jambon. Cassette II est tapissée de mort, de froid, de métaux... Les gars, que s'est-il passé?

Autour de la table, les deux musiciens se regardent. C'est Marc-André Brazeau qui se lance. «Sur le premier disque, c'était plus des morceaux de «garrochage», avec une écriture automatique», explique le batteur, qui a récemment suivi des sessions privées d'écriture avec l'ancien de Beau Dommage Robert Léger. «Mais depuis ce temps-là, nos vies ont pas mal changé. Par exemple, François a ouvert sa shop de graphisme. Quand tu lances ton entreprise, tu vis autre chose que juste prendre des brosses toutes les fins de semaine.»

«On ne voulait pas être des clowns», poursuit le barbu guitariste François Lafontaine, à ne pas confondre avec le claviériste de Karkwa. «Et nos pièces sont peut-être moins éphémères comme ça. Le danger, avec les tounes comiques, et j'inclus les nôtres, c'est qu'elles sont vraiment des feux de paille.»

Le son qui va avec les mots

Avec plus de 80 concerts derrière la cravate, Band de garage a gagné en dextérité, en subtilité et en maturité. La douzaine de morceaux de Cassette II forment davantage un tout, et ses sonorités ont pris de l'empattement. Fort d'avoir vendu 1000 exemplaires de leur premier disque — le plateau à atteindre pour que Musicaction reconnaisse un disque comme un «succès» —, ils ont pu obtenir assez d'argent pour travailler à leur guise en studio, avec le réalisateur et preneur de son Pierre Girard.

Afin d'enrichir les ambiances — ils ne sont que deux, on le rappelle —, les musiciens ont opté pour des enregistrements fractionnés, souvent appelés overdubs, où plusieurs pistes sonores sont superposées. «Avec juste une guitare et une batterie, ça peut être facile de piétiner. Mais ç'a été un exercice tripant d'essayer d'amener ça ailleurs, dit Marc-André. À la fin de Dérapage, je pense qu'il y a 6 drums et 12 guitares!» François ajoute: «On a d'abord composé les morceaux pour être capables de les jouer en concert mais après, on a triché pour que sur l'album, ça sonne large, pour que l'espace musical soit plein.»

Pour la tournée de Cassette II, Band de garage a l'intention de jouer un peu moins. Il faut dire que le contrat qu'a décroché Marc-André comme batteur des Cowboys fringants l'occupera certainement dans les prochains mois. «Pour le premier album, on a fait 80 spectacles, dont 40 vraiment poches, des shows bruns, dans des conditions difficiles, où il n'y a pas de promotion de faite, raconte le batteur. Là, on veut faire des concerts où il va y avoir du monde, on va faire un tri. Le but, c'est encore et toujours d'avoir du fun!»

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Cassette II

Band de garage

C4 / Dep

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