Brian Wilson - THAT LUCKY OLD SUN

Parachever le mythique Smile, à 37 ans d'intervalle, était déjà miraculeux: le pas suivant, créer une oeuvre nouvelle d'envergure comparable, n'entrait même pas dans le champ du possible.

C'était mésestimer Brian Wilson, homme-enfant génial et fragile dont l'art de la composition, de l'arrangement et de l'harmonie n'a pas de limites quand il est heureux et bien entouré. Avec le fabuleux groupe d'accompagnateurs qui a remplacé ses Beach Boys décimés, plus Van Dyke Parks (le parolier de Smile), tout est redevenu possible, y compris cet ambitieux opéra pop à la gloire de la Californie des années 50 et 60, d'abord créé sur scène à Londres l'an dernier. Nonobstant les segments narratifs, gauches et inutiles, That Lucky Old Sun est une merveille de confection et d'invention, un trésor aux mille facettes, irradiant l'auditeur de bien-être sans rayons U.V., le baignant de marées vocales irrésistibles, l'entraînant dans un voyage volontairement idyllique et nostalgique au cours duquel on est ravi à tous les virages, et où on fait le plein de ce qui n'est rien de moins que de la vitamine C pour l'âme.

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THAT LUCKY OLD SUN

Brian Wilson

Brimel - Capitol

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