JOSIANNE PARADIS

Josianne Paradis en arrive à l'album, après l'École nationale de la chanson de Granby et le Festival en chanson de Petite-Vallée, bons chemins qui l'ont menée du côté de chez Bori. La pochette, premier contact, propose une troublante image: à 30 ans, la soeur du tromboniste Benoît Paradis a quelque chose d'enfantin.

Impression confirmée par Ma réalité, première chanson très Passe-Partout. Suit un poème du XVIe siècle, puis une délicate ballade triste, La Solitude. Le reste de l'album alterne ainsi entre drôles de comptines et chansons pour grandes personnes, comme si la chanteuse n'osait pas choisir sa voix, ni son âge. Elle ose tout de même chanter Barbara — la difficile Göttingen — et ça lui va bien. Oser est le mot-clé ici: cette fille peut toucher, et touche (Déjà décembre, belle preuve), mais demeure la plupart du temps en retrait d'elle-même. Réfugiée chez la gamine. La musique est pareillement valse-hésitation entre futilité et gravité: la jeune femme se cherche, et Bori la laisser chercher. Luxe discutable: un premier album, de nos jours, doit être une affirmation.

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JOSIANNE PARADIS

Josianne Paradis

Productions de l'onde - Sélect

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