À propos de nos 20 ans - Jim Corcoran avec...

«Je vous souhaite à tous a wonderful evening», a dit le très bilingue Michel Rivard de sa plus belle «voix radiophonique», hors champ, à la petite foule rassemblée au Club Soda. Ainsi qu'à l'auditoire coast to coast. Car nous étions aussi à la radio.

L'émission a ainsi commencé, ou plutôt le spectacle, ou plus exactement le spectacle enregistré pour diffusion lors d'un prochain samedi soir dans le cadre de l'émission hebdomadaire À propos, animée par Jim Corcoran sur les ondes de CBC Radio One. Émission animée depuis précisément 20 ans, l'âge des FrancoFolies, ce qui n'est pas une coïncidence: la chanson a repris du poil de la rime à la fin des années 80 chez nous. Autant fêter les deux anniversaires en même temps.

Sacrée fête. Déjà remarquable émission de radio, c'était jeudi en plus un formidable spectacle, et ça tenait un peu beaucoup à Jim Corcoran, à son amour immodéré de la chanson francophone d'ici et à sa volonté inébranlable de la propager à la grandeur du Canada, tablant mordicus sur le principe selon lequel on risque fort d'aimer ce qui est vraiment bon, pour peu qu'on y soit exposé. Goodbye les deux solitudes, welcome soleil.

Symboliquement, c'était parfait: un show sans frontières, où les invités se sont livrés à un fascinant jeu de chaises musicales. Un moment c'était Rivard seul, puis c'était Rivard avec le groupe Karkwa et Marie-Pierre Fournier (lauréate de Petite-Vallée, qui n'a pas encore enregistré mais en laquelle le bon Jim voit notre prochaine Gillian Welch), puis c'était la même Marie-Pierre avec Karkwa sans Rivard mais avec Marie-jo Thério, puis Karkwa tout seul, et ainsi de suite. Jim présentait les chansons en anglais, traduisait en anglais les textes, faisait l'éloge en anglais des artistes en présence. «As Leonard Cohen would say, they are high in the tower of song», a-t-il dit de Karkwa.

Riche expérience que d'entendre Jim décrire dans toute l'élégance de sa langue natale ce qu'il connaît le plus intimement dans sa langue d'adoption: la chanson. Tout un vendeur. À ce qu'il disait de René Lussier, ou de Jérôme Minière, être anglo, j'irais illico acheter leurs disques. Être franco aussi, d'ailleurs. Je suis parti avant la fin, vaincu par le décalage horaire, mais certainement pas déficitaire: je ferai comme tout un tas de Canadiens et j'écouterai le reste de ce splendide party à la radio.

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Collaborateur du Devoir