Trois albums incontournables de Leonard Cohen

Leonard Cohen en 2011
Photo: Dustin Rabin Leonard Cohen en 2011
Cohen travaille lentement, donc. Comme un orfèvre. Mais c'est peut-être ce qui fait que sur onze disques, on peut facilement établir que huit sont de toute première qualité. Les morceaux sont choisis avec soin, pensés et repensés. On oublie Death of a Ladies'Man (produit par Phil Spector) et les deux disques des années 2000: tout le reste est bon. Touchant parfois au sublime.

Ci-dessous, trois incontournables pour ceux qui ne se contenteraient pas d'une compilation (le cas échéant: The Essential Leonard Cohen)... en suggérant tout de même de jeter une oreille à l'ensemble. Parce qu'il s'agit d'une oeuvre au vrai sens du terme: cohérente, forte et porteuse.

Songs of Leonard Cohen (1967)
C'est l'entrée du poète dans le monde de la musique. L'album de tous les classiques (Suzanne, Master Song, The Stranger Song, Sisters of Mercy, So Long, Marianne, That's no Way to Say Goodbye... ), celui qui imposa le style Cohen et forgea sa légende. Le songwriter s'y montre absolument brillant. Le chanteur, lui, dévoile un talent plus limité, mais la retenue de sa voix monocorde sied parfaitement à l'ambiance générale du disque. Les arrangements délicats et entièrement acoustiques ont été obtenus de haute lutte par Cohen, qui était opposé à une production plus ample. Un classique absolu, non seulement dans l'oeuvre de Cohen, mais dans toute l'histoire de la musique folk. Ses deux successeurs (Songs from a Room — avec Bird on the Wire — et surtout Songs from Love and Hate — avec Famous Blue Raincoat et Joan of Arc)) complètent d'ailleurs une trilogie d'entrée remarquable. Les trois albums ont été réédités l'an dernier avec une qualité sonore rehaussée.


So long Marianne, 1967


New Skin for the Old Ceremony (1974)
Sur son quatrième album, Leonard Cohen délaisse quelque peu le son très épuré de ses débuts pour faire une plus grande place aux instruments qu'on entendait auparavant en sourdine. Mais le ton reste acoustique, et c'est de la manière la plus dépouillée qui soit que Cohen chante Chelsea Hotel No. 2, autre immortelle de son répertoire où il raconte son aventure avec Janis Joplin dans le célèbre hôtel new-yorkais. Ailleurs, la production fait une place plus importante aux cordes, aux cors et aux bois, tandis que le chanteur a pris de l'assurance sur le plan vocal. Plus de passion, plus de texture, plus d'intensité. Résultat: un album très musical, des mélodies superbes, un son élargi et des textes toujours très forts. Dans la même veine: Recent Songs, qui sortira en 1979, après l'épisode Spector.


Chelsea Hotel, 1974


I'm Your Man (1988)

L'album du succès pour Leonard Cohen, celui qui enterre l'image de l'artiste bohème des années 60 pour révéler un auteur-compositeur-interprète branché et en parfaite harmonie avec son époque. Ce qui veut notamment dire qu'il y a là quantité de synthétiseurs et de rythmes techno-pop. Reste que l'ensemble a bien vieilli... grâce à des chansons d'une acuité et d'une justesse de ton remarquable, toujours baignées de l'humour pince-sans-rire d'un Cohen décidément bien inspiré: la très politique First We Take Manhattan, la lucide Everybody Knows, la pièce-titre, Take This Waltz, Tower of Song... Cohen assume maintenant son statut de chanteur: sa voix est d'une profondeur un brin terrifiante, mais elle porte un halo de lumière. Dès sa sortie, ce disque s'est classé au somment des palmarès en Europe. Cette renaissance profitera à toute l'oeuvre de Cohen, qui reçoit à partir de ce moment de nombreux hommages. I'm Your Man est encadré dans la discographie du chanteur par deux albums du même emballage et d'une qualité semblable, Various Position (Dance Me to the End of Love et Hallelujah) et The Future.


Hallelujah, 1984​


La discographie complète de Leonard Cohen : 
Songs of Leonard Cohen,1967

Songs from a Room, 1969

Songs of Love and Hate, 1971

New Skin for the Old Ceremony, 1974

Death of a Ladies' Man, 1977

Recent Songs, 1979

Various Positions, 1984

I'm Your Man, 1988

The Future, 1992

Ten New Songs, 2001

Dear Heather, 2004

Old ideas, 2012

Popular Problems, 2014

You Want It Darker, 2016
 
1 commentaire
  • Philippe Champagne - Inscrit 24 juin 2008 21 h 57

    Petit RAPPEL à monsieur Guillaume Bourgault-Côté

    Lors de l'adoption de la loi 22, Leonard Cohen avait crié au scandale. Les Québécois n'ont pas de mémoire et suivent indûment le courant d'éloges au tour de cet égotiste.

    http://tribunes.forumslog.com