Éclectisme et découvertes pour Nuits d'Afrique

Les disques Nuits d'Afrique célèbrent leur dixième anniversaire. S'il ne s'agit pas de la plus grosse maison de disques, le label montréalais a tout de même rendu accessibles 135 titres parus sur ses compilations annuelles des musiciens du FINA, en plus de quelques albums d'artistes dont ceux de Nder, Tiken Jah Fakoly ou des Montréalais Assar Santana, Joaquin Diaz et Zal Idrissa Sissokho, le plus récent de la collection, paru au début de l'année. Pour la première fois de son histoire, Nuits d'Afrique lance cinq albums en un mois. Trois d'entre eux sont sur le marché, deux autres sortiront d'ici le début du festival. Voyons ça de près.

Festival international Nuits d'Afrique: Compilation 2008

Il s'agit non seulement d'une excellente façon de faire ses choix pour le FINA, mais également pour les trois disques qui suivent. Quatorze pièces dont trois qui proviennent d'artistes locaux: la douce lumière de Monica Freire, le ragga acoustique de Mad'moi Zèle Giraf et la voix bellement éraillée de James Azola. Pour le reste, de l'afrobeat en feu par Seun Anikulapo Kuti, du mbalax frénétique, de la chanson folk... Une découverte majeure: Dobet Gnahoré.

Les Go de Koteba: Waf - West Africain Feelings

Awa Sangho et Maaté Keïta, les deux «Go», n'ont rien de ces divas cantatrices aux voix hyper puissantes, aiguës et stridentes. Mais grâce à la douceur de leur voix, à l'équilibre qu'elles ont trouvé dans leurs solos, leurs unissons et leurs harmonies, avec ce mélange d'instruments traditionnels et urbains, le charme de cet afro pop mandingue opère.

Hakim Salhi: Sahraoui

Chanteur de châabi, de funky raï et de funky allaoui, cet Algérien qui fut membre de Takfarinas, sait pousser la plainte, prolonger la ligne d'une mélopée et ornementer. Sans jamais trop s'éloigner de ses racines, il surfe sur une pop empreinte de traditions, de pulsation tribale et de romance assumée. Des sentiments désarmants par moments, mais une musique bien inspirée dans l'ensemble.

Tribo de Jah: The Babylone Inside. Double CD

Composé de cinq musiciens aveugles et d'un chanteur brésilien aux origines italo-libanaises, ce groupe de reggae a vendu un million de disques depuis ses débuts. The Babylone Inside rassemble 12 titres chantés en portugais et 12 autres en anglais. Du bon reggae roots spirituel et conscious avec des touches de ragga et quelques pièces plus pop. (En magasin le 24 juin.)

Les Syli d'or de la musique du monde 2e édition

Il s'agit d'une compilation de 12 titres choisis à partir des répertoires des trois lauréats de 2008 du concours annuel organisé par les Nuits d'Afrique. Enregistré lors du plus récent gala, cet album ne s'adresse pas aux audiophiles, mais plutôt aux amateurs de découvertes locales. Sous la direction de Vovo, Estaçao Da Luz est d'abord un flamboyant groupe de scène, mais son répertoire de sambas de carnaval, de chanson de samba et de pièces spirituelles passe toutefois sur disque. De leur côté, le guitariste percussionniste Aboulaye Kone, aux commandes de son Bolo Kan mandingue et Alpha Thiam avec son folk Toucouleur sont à apprécier. (En magasin le 8 juillet.)

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Collaborateur du Devoir