L'Opéra de Montréal retrouve ses cinq créations pour la saison 2008-09

René-Richard Cyr a déclaré hier en être à peaufiner la mise en scène de l’opéra Macbeth, de Verdi.
Photo: Pascal Ratthé René-Richard Cyr a déclaré hier en être à peaufiner la mise en scène de l’opéra Macbeth, de Verdi.

L'Opéra de Montréal présentait hier à la presse le programme de sa saison 2008-09, marquée par le retour à cinq productions et par une prédominance confirmée de l'opéra italien.

La Fanciulla del West, opéra rare de Puccini, entamera une saison lyrique qui s'achèvera pas la prestation attendue de la jeune soprano cubaine Eglise Gutierrez dans le rôle de Lucia di Lammermoor, qu'elle a déjà incarné au Teatro Colon de Buenos Aires. Le «Verdi de service» sera Macbeth et l'«opéra français d'usage», Les Pêcheurs de perles, la cinquième production étant Starmania-Opéra, en coproduction avec l'Opéra de Québec, qui le présentera dans le cadre des festivités du 400e en mai prochain.

Luc Plamondon, présent à la conférence de presse, a confessé une passion très ancienne pour l'opéra, passion cultivée à Berlin, à Londres et à Paris, passion cachée aussi. «J'allais à l'opéra comme on va dans les maisons closes!», a-t-il déclaré. Par la même occasion, le parolier de Starmania a révélé que Michel Berger et lui-même avaient pensé, avant la mort du compositeur, à une déclinaison opératique de Starmania. Ils avaient auditionné des chanteurs lyriques à Paris, mais en avaient conclu alors que cela «vieillissait l'oeuvre et lui donnait un air ampoulé», sensation qu'il ne ressent plus en préparant le projet actuel.

En repassant comme prévu à cinq productions, après trois saisons réduites à quatre, l'Opéra de Montréal (OdM) respecte l'échéancier de son redressement. Sur le plan financier, Pierre Dufour, directeur général de la compagnie, s'est montré très optimiste: le déficit accumulé, qui était de deux millions de dollars en août 2006, est passé à 711 000 $ en août 2007. On sent que la direction espère éponger la dette à la fin du présent exercice, en août 2008. Pour décrire la volonté qui a animé le redressement de ces deux années, gérées en bon père de famille, Pierre Dufour a déclaré au Devoir: «Quand je suis pieds nus et que je dois courir, je préfère courir un 3000 mètres qu'un marathon!»

Satisfaction, donc, en ce qui concerne la situation financière, mais aussi en ce qui a trait à la fidélité du public. Il est vrai — et c'est visible à chaque représentation — que l'OdM est parvenu, plus que toute autre institution musicale classique de la métropole, à renouveler son public.

Sur le plan artistique, les cinq chefs seront tous de nouveaux venus à l'OdM, qui se passe de Yannick Nézet-Séguin, de Jacques Lacombe, de Bernard Labadie et de Jean-François Rivest pour un an. On guettera notamment la venue de Frédéric Chaslin, ex-assistant de Daniel Barenboïm, à la tête d'une distribution québécoise dans Les Pêcheurs de perles.

Quant à Macbeth, l'opéra de Verdi sera mis en scène par René-Richard Cyr. Le metteur en scène en est à peaufiner son concept, qu'il présentera en juin 2008 aux directions de l'OdM et du coproducteur Opera Australia. Il semble assez tenté par une actualisation scénique, et certains parallèles entre lady Macbeth et Elena Ceaucescu ne lui ont pas échappé.