Le Roberto Lopez Project: nouvelles latinités urbaines

Roberto Lopez, un compositeur-arrangeur-multi-instrumentiste venu de Colombie, a été repéré en 2006 à la suite de la parution de Que pasa?. Photo: Thomasz Wilczynski
Photo: Roberto Lopez, un compositeur-arrangeur-multi-instrumentiste venu de Colombie, a été repéré en 2006 à la suite de la parution de Que pasa?. Photo: Thomasz Wilczynski

La Tohu poursuit son alléchante série de concerts gratuits de musiques du monde avec le ska-reggae de La Loi des Cactus et le chant passionné de Yousy Barbara Ruiz la semaine dernière, le métissage manifestif d'Oztara ce soir et le Roberto Lopez Project demain. Roberto Lopez, un compositeur-arrangeur-multi-instrumentiste venu de Colombie, on l'avait repéré en 2006 à la suite de la parution de Que pasa?, une des plus belles découvertes latino-montréalaises de la décennie actuelle. Il s'agit d'un projet et non d'un groupe, avec tout ce que cela implique de géométrie variable et de création libérée de ses cadres contraignants. Cette musique, le nu afro latin, intègre des sensibilités multigénérationnelles et mélange aussi bien les racines que l'urbanité, de la cumbia au son, du jazz au hip-hop. Ces artistes chantent pour la paix, crient pour la liberté, jouent pour éviter l'indifférence et créer la différence.

Cette différence, Roberto l'a portée sur la scène contre vents et marées avec un orchestre d'une dizaine de musiciens qui abordent chant, rap, percussions, cuivres, flûte traditionnelle, basse et cuivres. Mais de nouveaux défis poindront à l'horizon. «On expérimente avec un groupe plus petit», explique le directeur musical. «Ici, on est plus habitué au format de la musique pop en quartette ou en quintette qu'à la culture des musiques du monde en grande formation.» Ils vous le diront tous, ces artistes qui viennent des autres latitudes: le big band, c'est chévere (c'est chouette), mais c'est si difficile à assumer au Nord!

À cause de cela, le jeune maestro compte réduire ses troupes à cinq ou six membres. Non pas réduire pour réduire mais écrire en explorant des cellules plus épurées et en accordant plus d'importance à chaque instrument de l'orchestre. «Je ne peux pas perdre les percussions. Ça en prend deux, une pour l'afro-cubain, une autre pour l'afro-colombien. Je conserverai également la basse, la trompette et le tiple [une petite guitare colombienne]. En plus, tous chanteront avec notre nouveau soliste, Jesus Cantero, qui a fait sa marque à Cuba avec le célèbre groupe Cubanismo avant de s'installer ici, il y a environ deux ans. Il a un swing terrible.»

Et comment Roberto fera-t-il pour préserver cet équilibre qu'il maintient de façon si originale entre traditions et modernité? «La voix plus traditionnelle de Jesus nous permet une approche musicale plus moderne. En plus, je fais maintenant moi-même un peu de spoken word, j'utilise également une guitare semi-acoustique et j'ajoute à mon tiple des effets des années 60 comme le trémolo ou la pédale wah-wah.»

Mais Roberto a plusieurs autres lapins dans son chapeau. En septuor demain soir, son groupe invitera le rappeur Daniel Russo-Garrido et interprétera trois nouvelles compositions: une cumbia funky, un son cubain à la sauce soul et une descarga de salsa urbanisée. Parions que ses innovations seront nombreuses pendant longtemps.

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Collaborateur du Devoir

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- Le Roberto Lopez Project se produit demain soir à la Tohu à 20h. Renseignements: 514 790-1245.