Décès du jazzman Mal Waldron

Paris — Le pianiste de jazz noir américain Mal Waldron, figure du free, qui accompagna notamment Billie Holiday, est mort lundi à Bruxelles à l'âge de 77 ans.

Établi en Europe depuis 1966, Mal Waldron avait oué avec ses compatriotes Charlie Mingus, Eric Dolphy et Steve Lacy. Il avait été le dernier pianiste de Billie Holiday, à la fin des années 50. Mal Waldron avait publié deux albums en France cette année, One More Time en août (Sketch) et Left Alone Revisited, en duo avec le saxophoniste Steve Lacy, cet automne (Enja).

Né à New York le 16 août 1925, Malcolm Earl Waldron, dit Mal Waldron, avait étudié le piano et la composition avec Karol Rathaus au Queens College de New York. Il commence au sein d'orchestres de rhythm and blues avant de rallier l'ensemble du contrebassiste Charlie Mingus (1954-57).

En 1957, Billie Holiday le choisit comme accompagnateur. Il restera à ses côtés jusqu'à la mort de Lady Day le 17 juillet 1959. À la disparition de la chanteuse, Mal Waldron rejoint le saxophoniste Eric Dolphy. En juin 1965, il quitte les États-Unis pour s'établir en Europe, en Italie d'abord (Bologne et Rome) puis en Allemagne, à Munich.

En Europe, Waldron se lie d'amitié avec un autre Américain exilé sur le Vieux Continent, Steve Lacy. Mal Waldron fait partie de ces musiciens américains qui trouvèrent un meilleur écho en Europe que dans leur propre pays.

Mal Waldron, qui s'était installé en Belgique il y a 15 ans, avait signé plusieurs musiques de film au cours de sa carrière, notamment pour Marcel Carné (Trois chambres à Manhattan en 1964).

Le producteur Philippe Ghielmetti, qui avait publié son avant-dernier enregistrement (One More Time), a déclaré que Waldron «était un musicien inclassable qui a toujours refusé de se laisser enfermer dans une boîte». Il y a un mois et demi, un cancer de l'intestin avait été diagnostiqué chez le musicien.

Ce dernier avait délaissé les studios d'enregistrement dans les années 90.

Il y était revenu cette année, enregistrant coup sur coup One More Time en janvier (enregistrement couronné comme disque de l'année par le mensuel français Jazz Magazine) et Left Alone Revisited en février. Ce disque porte le nom d'un de ses thèmes musicaux les plus connus.