Watson's Orchestra

À la suite de sa consécration montréalaise au Métropolis dans le cadre du Festival de jazz, parions que Québec lui réservera ce soir le même accueil.
Photo: À la suite de sa consécration montréalaise au Métropolis dans le cadre du Festival de jazz, parions que Québec lui réservera ce soir le même accueil.

Québec — Ce soir, Cinematic Orchestra ouvrira le bal pour la venue du tant attendu Patrick Watson. Moment fort de la cuvée 2007, le doublé permettra aux artistes de se rejoindre sur scène pour effectuer quelques collaborations bien senties.

«On a rencontré Patrick par l'entremise de notre gérant», raconte Jason Swinscoe, le leader de Cinematic Orchestra rejoint à Brooklyn, où le band anglais est maintenant installé. «On ne le connaissait pas du tout, mais il se trouve que les gars de Ninja Tune à Montréal [étiquette de disque de la formation] jouent au hockey dans la même équipe que lui.»

Apprenant que le célèbre groupe jazz-électro était à la recherche de voix pour explorer de nouvelles approches sonores, les hockeyeurs-mélomanes ont envoyé des mp3 de Watson à Jason Swinscoe. La séduction a opéré immédiatement. «Patrick s'est joint au projet de façon très naturelle. Il a même participé à l'écriture de quatre pièces sur notre plus récent album, Ma fleur.»

Le mariage entre les deux univers s'est particulièrement bien passé. Plus qu'une simple intervention, on reconnaît l'influence de la texture artistique du Montréalais sur la musique de l'ensemble britannique. Comme l'écrivait à juste titre la collègue Frédérique Doyon dans une critique de l'album de Cinematic Orchestra : «[la présence du] Québécois Patrick Watson donne à l'opus une humeur plus éthérée, plus pop que jazz, peut-être un peu au détriment de la complexité rythmique et instrumentale, mais néanmoins délicieusement spleenesque».

Fidèle à ses racines, le groupe se plaît à créer en introduisant des variables visuelles à la musique. «Le projet de Cinematic est né à Londres, à la fin des années 1990, explique Swinscoe. On avait alors fondé un club [le Loop] où des DJ et des musiciens devaient refaire la trame sonore du film de leur choix.» En 1999, Cinematic Orchestra présente un premier album, Motion, dont les accents jazzy et down-tempo teintés d'ambiances électroniques séduisent la critique. En 2003, le groupe reprend la formule du Loop et composent une trame sonore pour le classique muet Man with a Movie Camera, tourné en 1929 par le cinéaste russe Dziga Vertov.

«Je m'intéresse beaucoup à l'aspect narratif de la musique», précise le musicien qui a également étudié en arts visuels. «Pour Ma fleur, on a travaillé autour du scénario d'un film fictif. À partir de quelques images, on a élaboré une sorte de storyboard qui a guidé le processus de création. C'était un peu le même principe qu'avec Man with a Movie Camera. Sauf que, cette fois, on contrôlait également l'évolution de la narration.»

Patrick Watson

En deuxième moitié de soirée, le nouvel enfant chéri de l'indie rock québécois prendra la relève de la formation anglaise. L'an dernier, pour le FEQ, il avait joué au Grand-Théâtre de Québec en première partie de Gonzales. Cette année, c'est sur une scène extérieure et comme tête d'affiche que Watson revient dans la Vieille-Capitale. À la suite de sa consécration montréalaise au Métropolis dans le cadre du Festival de jazz, il y a quelques jours, parions que Québec lui réservera ce soir le même accueil!

Collaborateur du Devoir

***

- Cinematic Orchestra et Patrick Watson

À 20 h, au Pigeonnier