Musiques et traditions du monde - Paco Peña: entre ciel et terre!

Les routes empruntées par Paco Peña le mènent aujourd’hui vers le chant pour les morts de la liturgie catholique.
Photo: Les routes empruntées par Paco Peña le mènent aujourd’hui vers le chant pour les morts de la liturgie catholique.

Il y a Paco et Paco. De Lucia et Peña. Deux guitaristes virtuoses qui ont émergé en Espagne à la fin des années 60. Le premier a constamment rénové le flamenco même s'il lui est toujours resté fidèle alors que le second est considéré comme étant plus traditionnel, en dépit de quelques incursions dans les sphères sacrées. D'aucuns y voient la génération des deux Paco, mais Peña se la joue modeste: «De Lucia est un véritable génie, dira-t-il. Mais nos chemins ne sont pas les mêmes.»

Aujourd'hui, les routes empruntées par Peña le mènent vers le chant pour les morts de la liturgie catholique alors qu'il présente demain soir à l'église Saint-Jean-Baptiste Requiem flamenco - Éloge à la Terre avec son ensemble qui se joint à la cinquantaine de voix du Grand Choeur de Montréal sous la direction de Martin Dagenais. La fougue férocement passionnée d'un chant associé depuis toujours au terroir rencontre des voix pures qui montent au ciel pour pouvoir encore l'entrevoir en hommage à cette planète malmenée et à l'instar de ces raclements de guitares et de ces claquements de percussions qui font souvent violence.

Pour Paco Peña, flamenco et requiem font bon ménage: «Du premier se dégage le sentimiento le plus profond, qui permet d'accéder à la spiritualité, alors que du second, on retient l'idée de ce que nous sommes et de ce que nous pouvons accomplir sur la Terre.» Dans chaque ville, Peña porte le projet avec des chorales différentes. «Dans sa forme originale, le Requiem flamenco fait la part belle à des choeurs d'enfants qui représentent notre avenir, mais il n'est pas toujours possible de les intégrer. À Montréal toutefois, les jeunes chanteront. Ce que j'ai entendu du travail de Martin Dagenais me semble fantastique.»

Profondeur, rage de vivre, rudesse vitale et plaintes déchirantes mais éclats de lumière, sautillements plus légers, chants libres ou solennels: une première captation permet d'imaginer la scène. On commence en douce à la guitare pour préparer les chants. Une grande variété de styles apparaîtra. La guitare racle, devient plus rude, prépare une véritable tornade rythmique. Le flamenco se nourrit encore de sa terre.

Collaborateur du Devoir

- Requiem flamenco - Éloge à la Terre avec l'Ensemble de Paco Peña et le Grand Choeur de Montréal, le samedi 14 avril à 20h à l'église Saint-Jean-Baptiste.

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