Lesbians On Ecstasy - Une musique festive pour la cause féministe

La démarche des Lesbians est avant tout axée sur la fête.
Photo: La démarche des Lesbians est avant tout axée sur la fête.

Elles sont bien sûr lesbiennes. Elles sont également politisées et très sensibles à la cause féministe, mais leur démarche est avant tout ludique. Imaginé comme un clin d'oeil au groupe allemand Chicks On Speed, le nom du quatuor Lesbians On Ecstasy est aujourd'hui ancré dans leur direction artistique et, surtout, dans la perception des gens. Après avoir fait des tournées du Texas à la Croatie, ces Montréalaises lancent un deuxième album, We Know You Know, sur l'étiquette de disques réputée Alien8.

«Nous nous sommes formées pour la tenue de ce qui devait être un spectacle unique au Studio XX [sur la rue Saint-Denis] dans le seul but de s'amuser», racontait Bernie Bankrupt avant son départ pour New York, la fin de semaine dernière. «On n'aurait jamais pensé que le groupe serait un si gros projet. Si j'avais su à ce moment-là ce qu'on ferait ensemble, je ne sais pas si j'aurais nommé le groupe Lesbians On Ecstasy. Je n'ai aucun regret, mais en même temps, cela a totalement défini auprès du public qui nous sommes et ce que nous faisons.»

En effet, la démarche des Lesbians est avant tout axée sur la fête. Leur musique électronique teintée de rock et de hip-hop fait à coup sûr lever les pistes de danse. Aussi ludique que le précédent, ce deuxième album, lancé ce soir au Club Lambi (4465, boulevard Saint-Laurent), affirme avec plus de force l'ascendant rock et presque industriel du quatuor. «Nous voulions chanter un peu plus. Nous nous sommes inspirées de l'esprit de la musique des années 70, un moment où tout le monde chantait en groupe.» Le quatuor s'inspire d'ailleurs de chansons de cette époque sur We Know You Know.

Depuis le premier album, la démarche du groupe est basée sur la réinterprétation. À l'image des échantillons dans la musique hip-hop, les filles reprennent des pièces et les interprètent de manière complètement différente. Le succès Talkin' Bout A Revolution de Tracy Chapman, repris sur leur premier album, a ainsi été métamorphosé en une musique électronique agressante et presque impossible à reconnaître. Leur deuxième galette se concentre cette fois-ci sur des réinterprétations de chansons féministes plus obscures des années 70, une époque où il était très difficile pour les femmes de percer dans le milieu de la production musicale.

«Il y a une compilation parue sur Olivia Records en 1977 qui s'appelait Lesbian Concentrate, ajoute Bernie Bankrupt. Je crois que c'est le premier disque au monde qui ait eu le mot "lesbienne" dans son titre. On a entamé la recherche musicale pour le second album avec ce disque en tête parce qu'au début de notre groupe, ce mot a souvent choqué. À l'époque, nous n'avions pas pensé qu'il y aurait de telles réactions. Nous pensions que c'était anodin et drôle.»

En plus du lancement ce soir à Montréal, le groupe sera également en concert jeudi prochain à la Galerie Rouje de Québec et le 21 avril avec Ghislain Poirier, Stephen Beaupré et Plaster au Barrymore's d'Ottawa dans le cadre du Festival Scène Québec. Lesbians On Ecstasy prépare également un opéra-rock qui sera présenté à la SAT le 10 mai.

Collaborateur du Devoir

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