Musiques du monde - Soweto Gospel Choir : l'esprit africain

Ils ont été recrutés dans les églises de l'Afrique du Sud, du Cap à Soweto, là où ils chantaient et dansaient le dimanche. Ils chantent en sept langues différentes, parmi les nombreuses langues officielles de l'Afrique du Sud. Mais la plupart de leurs pièces sont en zoulou, en xhosa, en sotho ou en anglais. Ce sont les 26 membres du Soweto Gospel Choir, choeur de l'Afrique du Sud, qui se donne en spectacle ce soir à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, en clôture du festival Montréal en lumière, qui a nommé l'Afrique du Sud comme pays à l'honneur.

«Lorsque nous allons à l'église, nous dansons, nous sautons, nous crions. Nous sommes libres de le faire, même le pasteur le fait», explique Jeho Fata, porte-parole du groupe. Les membres de la formation proviennent par ailleurs de cultures religieuses variées: adventiste, évangélique, etc., avec bien sûr un fond important de culture africaine traditionnelle.

La formation, qui comptera ici 26 danseurs et chanteurs, remportait la semaine dernière le Grammy du meilleur disque de musique traditionnelle pour son disque Blessed, qui sera aussi à la base du spectacle de ce soir. Sur l'ensemble des chanteurs, trois femmes sont aussi danseuses et mettront en scène des danses sud-africaines, dont celles des tribus zouloues.

«Il y a des sauts, des coups de pied, des danses de guerriers, qu'on utilise principalement lors de cérémonies particulières», ajoute Jeho. Les 26 membres du choeur porteront des costumes représentant différentes tribus de l'Afrique du Sud. Ainsi, les tissus tachetés comme des léopards représentent typiquement les Zoulous, tandis que les tissus bruns sont typiquement sotho.

Le groupe a vu le jour en 2002 sous l'impulsion de David Mulovhedzi. Le nom de Soweto Gospel Choir est demeuré, mais seulement 50 % des membres du choeur viennent aujourd'hui du célèbre township de la région de Johannesburg. Depuis, le groupe a connu une ascension fulgurante, a joué pour de grandes figures de l'Afrique du Sud, dont Nelson Mandela et l'archevêque Desmond Tutu. Ils ont aussi accompagné de grands noms de la musique pop, comme Diana Ross.

L'Afrique du Sud a une longue tradition de musique gospel, qui mixe l'héritage laissé par les Européens et la musique africaine traditionnelle. Le Soweto Gospel Choir chante d'ailleurs autant a capella qu'accompagné d'un orchestre ou seulement de percussions. Quatre musiciens seront d'ailleurs avec les choristes et danseurs sur scène ce soir.

Le Soweto Gospel Choir est également la source d'une fondation qui vient en aide aux orphelins victimes du sida, dans les rues de l'Afrique du Sud.

«Nous manquons d'orphelinats pour leur venir en aide», soutient Jeho Fata. La fondation leur apporte donc de la nourriture et des vêtements, en plus d'amasser des fonds pour construire des abris.

Jeho se réjouit cependant du chemin accompli depuis l'abolition de l'apartheid en 1991, même si le pays fait face à d'importants problèmes de criminalité. «Maintenant, nous sommes égaux, dit Jeho Fata. Les Noirs peuvent acheter des maisons où ils veulent. C'est sûr qu'il y a de la criminalité, mais c'est parce qu'il n'y a pas suffisamment d'emplois.»

Le dernier disque du Soweto Gospel Choir est African Spirit, sur lequel on retrouve adaptées plusieurs chansons populaires occidentales, dont des pièces signées Bob Dylan ou Bono. «Blessed était essentiellement basé sur des chansons africaines, dont plusieurs personnes ne comprenaient pas les paroles. Nous avons décidé de faire quelque chose de différent», explique Jeho Fata. Mais ce soir, c'est l'Afrique, d'abord et avant tout, qui sera sur scène.