Concerts classiques - Karina était venue pour chanter...

Je ne sais qui a eu l'idée d'alléger les poches de l'OSM de plusieurs dizaines de milliers de dollars pour permettre mardi à Renée Fleming de pousser avec indifférence ou maniérismes huit chansonnettes (disons, deux airs et six «reposoirs à voix»). Le concert d'hier soir fut une parfaite leçon pour tous ceux qui croient que l'herbe est forcément plus verte ailleurs.

Le concert avec Karina Gauvin n'était pas prévu initialement. Il a quand même rempli la Basilique. Quelques différences entre les deux soirées: le décorum, ingrédient finalement essentiel pour l'esprit de ce type de manifestation, la présence d'un choeur de voix aiguës et le renouvellement d'un tiers du programme.

Il nous était donc possible de comparer Karina Gauvin et Renée Fleming dans sept airs. Oserais-je dire que le bilan est de 7-0 pour la Québécoise? Certes la robe de Renée Fleming était plus «classe» que celle, violacée avec une étole vieux rose, de Karina Gauvin. Mais Karina était venue pour chanter, vibrer et faire passer des émotions, pas pour faire un défilé de mode et toucher un gros chèque après un moindre effort.

Pendant que Mme Fleming se trémousse, le chant vibrant et ému (cf. «Dank sei dir, Herr») de Karina Gauvin vous rentre sous la peau. Simplicité, proximité et émotion : notre soprano a trouvé la recette d'un concert de Noël sincère, jusque dans l'accomplissement final d'un Simple Song de Bernstein finement ourlé. La technique fut impeccable dans «Rejoice!» du Messie, alors que le «Laudamus Te» de Mozart était bien articulé et chanté juste (attention toutefois à ne pas changer les «Te» en «tè»).

Les interventions rares, mais fraîches et sûres, du choeur de femmes et d'enfants s'achevaient par un pot-pourri festif de Leroy Anderson. À signaler, dans Stable Carol de Vaughan Meakins, les échos orchestraux du Chevalier à la Rose de Strauss. Et, comme c'est période de Fêtes, je ne dirais rien de Richard Roberts, même si je n'en pense pas moins.

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CONCERT DE NOËL (II)

Îuvres de Bach, Pärt, Haendel, Mozart, Joubert, Llewellyn, Meakins, Franck, Reger, Schubert, Corelli, Ochs, Gruber, Bernstein et Anderson. Karina Gauvin (soprano), Concerto della Donna, Choeur des enfants de Montréal, Orchestre symphonique de Montréal, dir. Kent Nagano. Basilique Notre-Dame, mercredi 20 décembre.
1 commentaire
  • Jacques Deschenes - Abonné 21 décembre 2006 09 h 52

    Christophe Huss - Karina était venue pour chanter...

    Je me rends compte qu'un bon nombre des articles de Christophe Huss paraissent sous leur forme électronique uniquement.

    Je ne jette qu'un coup d'oeil à la copie électronique. Ce que je lis, c'est la copie papier. N'y a-t-il pas moyen d'avoir la copie papier aussi complète que l'autre?

    Merci.

    Jacques Deschênes
    Ottawa