Spectacle - Maracatu Nunca Antes: le cortège dans la salle!

Entre la prière et le blues, un soliste entreprend un chant. D'un refrain, le choeur lui répond. Puis le groupe est présenté à une foule regroupée dans la rue autour de lui. Les percussionnistes se fraient un chemin et lancent la frappe qui fait l'effet d'un coup de tonnerre. L'ambiance est enivrante.

Le cortège est en marche et les instruments résonnent. La grosse-caisse, nommée alfaia, marque les changements de rythme. Ce n'est pas le plus important des tambours, mais c'est le plus visible. La caisse claire, réminiscence de l'Europe, est attaquée d'aplomb. De grosses cloches, beaucoup plus africaines, au son très puissant, créent la syncope alors que des abés, type de calebasses recouvertes de filets de billes, rendent la polyrythmie encore plus complexe. Bienvenue dans le monde du maracatu brésilien!

«Les rythmes de ce genre sont plus lents et plus funky que ceux de la samba», soutient Aline Morales, cofondatrice et directrice de Maracatu Nunca Antes, groupe torontois qui se produit ce soir au Balattou. «Mais le maracatu n'est pas que simple musique puisqu'il tire son origine de la religion, provenant des esclaves qui jouaient lors du couronnement du roi Congo, un Africain noir, libéré ou pas, qui agissait à titre d'intermédiaire entre le gouvernement et le peuple.»

À l'origine, la gent féminine n'avait pas le droit de jouer les instruments du culte, mais les temps ont changé. «Le maracatu est devenu profane et nombre de femmes sont maintenant reconnues comme de très bonnes musiciennes, fait remarquer Morales. Mais aucune n'est encore leader de ce genre de formation au Brésil.»

Maracatu Nunca Antes se produit à vingt lors des événements extérieurs. Mais lorsque le cortège s'arrête en salle, le groupe est, pour des raisons évidentes, réduit de moitié. «D'aucune façon cela n'empêche la fête. Nous interprétons un type de maracatu très ancien que nous mélangeons à nos créations et à certaines influences extérieures comme le reggae», conclut Morales. Avec voix et percussions pour seul accompagnement, cela s'entend.

Collaborateur du Devoir

- Maracatu Nunca Antes au Balattou ce soir à 21h.