Dix étoiles que l'on n'espère pas filantes

Dix CD québécois. Certains ont été exclus, comme ceux de Karkwa et de Dany Placard, parus l'an dernier. D'autres, comme ceux du Husky, de Télémaque, des Trois Accords, des Vulgaires Machins, de WD-40 et de Vincent Vallières, se classent tout juste derrière mes favoris de 2006. Les voici.

1. Le Temps au point mort, Galaxie 500. Le deuxième album de la formation d'Olivier Langevin mérite vraiment la meilleure place du palmarès. En plus de me ravir avec ses pièces rock teintées de blues qui sonnent comme une tonne de brique, Galaxie 500 m'a surpris avec quelques pièces douces, dont la splendide Nuages à boire, que j'écoute en boucle depuis la sortie du disque. Parions que son offensive en France et aux États-Unis sera couronnée de succès.

2. Trompe-l'oeil, Malajube. Quel baume merveilleux fut l'arrivée de ce bijou symphonique en pleine froidure de février! On y trouve des pianos et des claviers pour les fous et les fins, de belles pistes de guitare 12 cordes, des lignes de violon et de violoncelle, de la flûte... Si, après coup, certains choix sur le plan de la réalisation me chicotent un peu, la qualité de cet album est indéniable et a contribué à l'essor de la scène locale au Québec en 2006.

3. Les Matins de grands soirs, Les Breastfeeders. De l'énergie brute, une décharge rock aux racines sixties. Ce deuxième disque contient des pièces qui créent la dépendance, comme En dansant le Yah!, Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et Funny Funiculaire. L'arrivée dans le groupe de Fred Fortin aux tambours est peut-être pour quelque chose dans le virage plus «garage», mais chose certaine, le bolide conduit par le chanteur Luc Brien est loin de prendre le champ. À voir sur scène!

4. La Forêt des mal-aimés, Pierre Lapointe. Certainement le meilleur album catégorie chanson de l'année 2006. Après plusieurs écoutes empreintes d'incertitudes, j'ai fini par adopter pleinement les magnifiques pièces de l'auteur-compositeur-interprète. Une oeuvre complète.

5. L'homme qui me ressemble, Damien Robitaille. Damien Robitaille nous a offert cette année un album étonnant. Un album qui m'a fait rire, qui m'a accroché le sourire aux lèvres, un album qui ne veut plus partir de mon cerveau. Satané Porc-épic!

6. Corpo-Trash-Vidange, Band de garage. Les deux très sympathiques membres de Band de garage ont fait mon bonheur cette année en m'offrant mon exutoire, mon album de déconnage, celui que j'ai chanté toute l'année sous la douche et que j'ai sifflé dans le métro. Un «incontournable» trop méconnu.

7. Gisèle, Xavier Caféïne. Avec ce disque, fait pratiquement en solitaire, Xavier Caféïne a bien réussi son retour à la langue de Molière. Le chanteur y a pondu quelques bombes — dont Montréal (cette ville) et Gisèle —, et aussi livré quelques brûlots (La Fin du monde, Pékin Love).

8. Trois chaudières de sang, Avec pas d'casque. «Un disque en bâtons de popsicle à écouter les dimanches de pluie.» C'est ainsi que je décrivais cet album de chansons presque country plus tôt cette année. Il faut croire que ces jours pluvieux ont été nombreux cette année. Parfait pour les amateurs de «poum tchik tchik poum tchik tchik» un peu bancal.

9. Les tempêtes que l'on avale, Carl-Éric Hudon. Une de mes belles découvertes de 2006. Hudon y livre un mélange de chansons folk parfois soulevées par des bourrasques électriques. Des textes personnels et touchants sont à la base de ses pièces faites sans prétention. Un disque dont on ne se lasse pas.

10. LP1, Navet Confit. Cette drôle de bête a surpris avec son premier long jeu aux textures hétéroclites, qui va du rock à des ambiances planantes en passant par de la chanson plus pop. Sa musique est hyperchargée, et on s'est bien amusé à la déchiffrer.