Champion passe au moulinet

Jamais à court d’idées, DJ Champion lance aujourd’hui une compilation de remix qui ajoute, sinon surpasse, à ses productions précédentes.
Photo: Jacques Nadeau Jamais à court d’idées, DJ Champion lance aujourd’hui une compilation de remix qui ajoute, sinon surpasse, à ses productions précédentes.

Le Québec vit une véritable histoire d'amour avec la guitare depuis les années 70. Le rock est bien sûr toujours omniprésent dans la province, mais aujourd'hui, même le hip-hop s'y est acoquiné. Côté musique électronique, le pionnier de la combinaison guitare et house est inévitablement Champion. Après quelques tentatives house honorables mais tout de même marginales dans les années 90 sous le pseudo de Mad Max, Maxime Morin alias Champion retrouve en 2004 ses premières amours pour la guitare, qu'il avait délaissée près de 15 ans auparavant. Il lançait ainsi le disque-phénomène Chill'em All, aujourd'hui vendu à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires.

Jamais à court d'idées, le DJ et musicien lance aujourd'hui une compilation de remix qui ajoute, sinon surpasse, à ses productions précédentes. «Ce que j'aime de l'album de remix, confie-t-il entre deux sessions de studio, c'est que chaque artiste a été fidèle à lui-même. Et donc, Pat Watson a fait du Pat Watson, Ghislain Poirier a fait du Ghislain Poirier, et ainsi de suite.» En plus de remix qu'il a lui-même opérés, différents collaborateurs teintent chacune des pièces de leur ingéniosité propre: Patrick Watson lance quelques notes de chant sur son remix de Guy Doune, Ghislain Poirier dévoile les facettes sombres de No Heaven et le musicien Mocky retouche à sa manière soul la pièce Two Hoboes. Seul Akufen embrasse un downtempo jazzy dont on ne lui connaissait pas d'ascendant.

Ce nouvel outil en poche, Champion s'attarde maintenant à développer de nouveaux marchés à l'extérieur de la province avec son spectacle. En compagnie de ses G-Strings (cinq à huit guitaristes), la version live du projet de Champion a atteint son paroxysme au Québec lors d'un grand événement au Festival de jazz de Montréal l'année dernière, qui a fait danser, malgré la pluie, des milliers de personnes. L'énergique spectacle vient également de remporter le Félix du spectacle de l'année lors du Gala de l'ADISQ il y a quelques jours. «Dans le fond, on fait du "remix" live, raconte le musicien au sujet de ses performances scéniques. Le défi est qu'au lieu d'avoir des boutons que je manipule à ma guise en solo, j'ai des humains qui me regardent et parfois m'attendent [rire]. Le défi est donc de rester courtois mais concentré, même avec les musiciens qui m'attendent. Au niveau physique et au niveau mental, c'est aussi le spectacle qui m'a demandé le plus dans ma vie.» Lui et son groupe voyagent d'ailleurs régulièrement en Europe, où ils obtiennent déjà un succès certain.

Ce soir à la Sala Rossa (4848, boulevard Saint-Laurent), son étiquette de disques Saboteur organise la troisième édition des sympathiques Saboteur Ball avec leur nouveau protégé Numéro# (pop bonbon) ainsi que Guillaume & The Coutu-Dumont (house funky et minimal), Donzelle (rock enragé très prometteur) et Ghislain Poirier (DJ hip-hop et ragga). Un invité-surprise s'ajoute également à la liste, une prestation mystère le jour même du lancement d'un nouveau disque de Champion...

Collaborateur du Devoir