Téléchargement à la québécoise

L'achat de musique en ligne est un phénomène embryonnaire au Québec. Des 1,1 milliard dépensés en téléchargement dans le monde en 2005, seuls sept millions l'ont été au Canada. De cette somme, 7 % seulement proviennent du Québec. Convaincu que c'est parce que les Québécois n'ont pas trouvé chaussure à leur pied qu'ils boudent encore le téléchargement, Astral Media Radio Interactif lançait hier un portail taillé sur mesure pour eux:

Palmares.ca.

Associée au géant Puretracks.

com, qui se présente comme le plus important site de téléchargement au Canada, le nouveau portail comptait hier 1,3 million de chansons. «Nous sommes arrivés en 2003 alors que le phénomène était encore plus marginal. Cette avance nous a permis de monter un catalogue supérieur — et de beaucoup — à nos compétiteurs canadiens», a fait valoir Dominique-Sébastien Forest, vice-président Développement affaires de Puretracks.

Derrière cette association se cache un objectif commun, celui de faire de Palmares.ca le site francophone le plus important au Canada. Comment? En mettant «en valeur le contenu québécois en synergie avec l'industrie du disque de manière à proposer au consommateur une offre plus compétitive», explique le vice-président directeur général d'Astral Media Radio Interactif, Sylvain Langlois. Signe que le message passe bien: 150 maisons de disques au Québec ont accepté de lui faire confiance.

Comme ses concurrents, Palmares.ca offre la plupart de ses chansons à 99 ¢, payables par cartes bancaires ou prépayées et gravables à volonté. Là où il se distingue de plusieurs, c'est par sa polyvalence. En comparaison, le québécois Archambaultzik.ca n'est disponible que sur PC. À l'inverse, Apple a verrouillé son système pour que son iPod lise exclusivement les chansons issues de son iTunes Music Store.

À Palmares.ca, on a plutôt choisi de vendre les chansons en format WMA de Microsoft, lisibles sur la plupart des lecteurs MP3. Mais les fichiers pourront aussi être lus sur le iPod au prix d'une manipulation supplémentaire. En effet, lorsque les fichiers seront gravés sur un CD à l'aide du lecteur Windows Media 10, ces CD seront reconnus et pourront être ensuite «rippés» par iTunes, indique-t-on sur le site.

Cette annonce d'Astral Media survient un peu plus d'un an après le lancement de Radiolibre.ca, ce service de radio personnalisé sur Internet qui s'était soldé par un échec retentissant, à peine trois mois plus tard. Les internautes n'avaient pas du tout aimé l'idée d'un abonnement payant, explique Sylvain Langlois. Depuis ce printemps, tout radiolibre est offert gratuitement.

Mais l'idée d'une nouvelle version qui miserait sur des offres à la pièce ou à la carte fait son chemin. Sans vouloir en dire davantage, M. Langlois a confirmé hier le lancement prochain d'un radiolibre renouvelé. «Mais on va conserver la même philosophie de départ, soit d'offrir des contenus musicaux qui ne sont pas accessibles à travers la radio conventionnelle ou satellite au Québec.»