Musique classique - Prochain départ, un an après

C'est en novembre 2005 que devait être créé à la salle Claude-Champagne de l'Université de Montréal, dans une mise en scène d'Alice Ronfard, Prochain départ, opéra de chambre de Simon Bertrand sur un livret de Stanley Péan. Mais le départ fut retardé, puis annulé en raison d'un mouvement de grève des professeurs, qui avait empêché la tenue des répétitions. Le revoici au programme, ces jeudi et vendredi, avec les mêmes protagonistes, les élèves de l'Atelier d'opéra de l'UdeM et, à la tête de 20 musiciens, Lorraine Vaillancourt.

Le projet d'opéra de Simon Bertrand et Stanley Péan date de près de dix ans. Le compositeur est heureux d'avoir pu travailler étroitement avec l'écrivain dans l'élaboration et de voir son ouvrage mis en scène par Alice Ronfard, collaboratrice régulière de l'Atelier d'opéra de l'UdeM (Dialogue des carmélites, Le Songe d'une nuit d'été). «En ajoutant à tout cela Lorraine Vaillancourt, je m'estime très chanceux d'avoir été pareillement entouré», se réjouit M. Bertrand.

Le travail de l'alliance entre les mots et la musique a été effectué sur plus d'une année à partir du synopsis d'une pièce de théâtre existante de Stanley Péan: «Stanley était très ouvert pour me permettre de changer des choses en fonction de la composition.» Simon Bertrand voit dans la composition d'un opéra une «leçon d'humilité»: «Si le compositeur est trop imbu de ses procédés, de ses concepts et de son langage musical, il ne sera pas capable de laisser les mots prendre la place qu'ils méritent.»

Prochain départ se situe dans un aéroport. Deux personnages s'y retrouvent au petit matin sans comprendre comment ils y sont arrivés. Évidemment, la touche fantastique chère à Stanley Péan est omniprésente: «L'intrigue de base est fantastique, mais cette métaphore sur l'altérité évolue vers quelque chose qui devient plus satirique et réaliste, avec des personnages secondaires fantaisistes, qui sont là pour la métaphore», résume Simon Bertrand, qui dégage trois climats principaux — fantastique, satirique et onirique — et se décrit comme un compositeur adepte de l'économie de moyens. «Comme il y a plusieurs tons dans l'opéra, mon défi était de réussir, avec le matériau unifié et limité d'une oeuvre d'ascèse, à suggérer ces changements de ton tout en faisant se ressembler les lignes vocales des divers personnages.»

Le mystère plane donc, entier, sur cette expérience musicale de trois quarts d'heure, enfin dévoilée cette semaine.

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Prochain départ

Opéra de chambre de Simon Bertrand sur un livret de Stanley Péan. Mise en scène: Alice Ronfard (avec éléments vidéo).

L'Atelier d'opéra de l'Université de Montréal. Direction musicale: Lorraine Vaillancourt. À la salle Claude-Champagne de l'Université de Montréal les jeudi 28 et vendredi 29 septembre à 20h. Renseignements: tél. (514) 343-6427.

Collaborateur du Devoir