Halifax accueillera les Stones en plein coeur de la ville

Halifax — Demain, près de 60 000 personnes s'entasseront sur la pelouse du parc Halifax Commons pour assister à un concert des légendaires Rolling Stones.

De son appartement surplombant le parc, Norma Boggs peut voir toute une cohorte de techniciens de scène s'affairer à ériger un immense squelette d'acier. Cela fait quelques jours déjà que ça dure.

«Je ne pensais jamais que les Rolling Stones joueraient à Halifax, encore moins dans ma cour», a dit Mme Boggs, dont l'appartement, situé au huitième étage, servira de loge aux parents et amis venus voir le spectacle avec elle.

Une centaine de techniciens s'affairent depuis une semaine à décharger l'équipement contenu dans 78 semi-remorques et à ériger une scène haute de plus de huit étages et demi, qui accueillera aussi Alice Cooper, Kanye West et Sloan.

Ce spectacle ne fait cependant pas l'affaire de tous: le parc Halifax Commons, situé au coeur de la ville, est entouré de maisons victoriennes, d'édifices résidentiels et de petits commerces, et plusieurs résidants se sont plaints de la congestion et du bruit causés par l'événement.

L'une de ces résidantes, Jill Ceccolini, a aussi du mal à comprendre pourquoi un lieu public est utilisé pour un événement payant. «Ce parc n'est pas réservé pour une classe en particulier, a dit Mme Ceccolini. Les gens n'ont d'ordinaire pas besoin de payer pour s'y promener.»

La chroniqueuse Marilla Stephenson estime quant à elle que ces gens empêchent le développement de la ville. «Chaque fois qu'un événement du genre est organisé, les gens se mettent en ligne pour recevoir une compensation par la suite. J'en ai assez de cette attitude qui empêche cette ville de s'épanouir», dit Mme Stephenson, du Halifax Chronicle Herald.

Les gouvernements provincial et municipal débourseront 240 000 $ pour l'événement, surtout consacrés à la sécurité et au nettoyage après le spectacle, une somme qui aurait dû être dépensée autrement, selon la porte-parole néo-démocrate en matière de tourisme, Joan Massey.

«Le gouvernement alloue 388 000 $ au tourisme et, là-dessus, 240 000 $ seront gaspillés pour nettoyer après le passage de musiciens parmi les plus riches de la planète.»

Pour Mme Boggs, cependant, tout ce qui compte, c'est le plaisir de voir un groupe qui habituellement boude les petites villes comme Halifax. «C'est juste une journée, n'est-ce pas? Après, tout retourne à la normale.»