28e Gala de l'ADISQ - Les nominations - L'année des groupes

«En raison des tristes événements qui ont cours présentement, l'ADISQ a choisi d'annuler sa conférence de presse», disait le courriel reçu en milieu d'après-midi hier. De toute évidence, l'habituelle bringue médiatique de dévoilement des nominations, prévue à 16h30 au St-Hubert de l'ancienne gare Windsor, au coeur d'un centre-ville paralysé, ne pouvait pas avoir lieu. Même ailleurs, fêter la chanson en un tel jour? Pas question. L'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo a néanmoins jugé utile d'acheminer sa liste d'honneur de la saison 2005-06, à savoir les 335 prétendants aux 60 prix Félix qui seront remis lors de trois galas, fin octobre.

On y attendait en bonne place Pierre Lapointe et Ariane Moffatt: ils y sont. Ariane est nommée six fois (huit en comptant les collaborateurs), Pierre quatre fois (six avec les arrangeurs et le réalisateur). Plus notable encore est l'arrivée massive de groupes dans le peloton de tête. Pas seulement Kaïn, formation folk-rock grand public au succès incontournable (cinq mentions), mais aussi les champions d'une marge de moins en moins marginale: [karkwa] est présent dans huit catégories (dont sept en son nom propre ou en collaboration) et le rouleau compresseur Malajube dans une demi-douzaine. L'ADISQ, on le constate, colle plus que jamais à la réalité de la scène musicale, au-delà des habituelles têtes d'affiche.

La donne de la prestigieuse catégorie «auteur ou compositeur de l'année» renforce cette impression de renouvellement des forces vives: Pierre Lapointe y côtoie Thomas Hellman, [karkwa], Malajube et... Manu Militari, artiste hip-hop parfaitement inconnu au bataillon il y a quelques mois encore.

Cela étant, les consacrés des années précédentes, les Sylvain Cossette, Chloé Sainte-Marie, Cowboys Fringants, Yann Perreau, Corneille et autres Marie-jo Thério, parviennent tout de même à se distinguer: chacun récolte trois nominations personnelles. Parfois plus en tenant compte des catégories industrielles: on signalera l'avalanche d'accolades techniques pour le spectacle et le coffret de Robert Charlebois, portant son total à six.

Qu'observe-t-on encore? Certains genres sont plus nantis que d'autres: autant le rock patauge dans ses lieux communs (Rick Hughes? Martin Deschamps?), autant le niveau est relevé en folk contemporain: les albums de Catherine Durand, Jamil, Pépé, Chloé Sainte-Marie et Marie-jo Thério sont également rafraîchissants et méritoires. Même débordement de qualité chez les alternos: Navet Confit et les Dales Hawerchuk font bonne figure auprès de Yann Perreau, Malajube et [karkwa]. Beaux galas en perpective.

Galas au pluriel. Il y en a désormais trois: vieux contentieux enfin réglé, on a finalement séparé les Félix artistiques des techniques, créant un «gala de l'industrie» distinct, qui sera présenté hors d'ondes à La Tulipe le 23 octobre. Plus tard le même soir, Artv diffusera de nouveau l'«autre gala de l'ADISQ», vitrine des «albums de l'année» en jazz, classique, country, folk, trad, etc. Le gros gala est encore et toujours l'affaire de Radio-Canada (le dimanche 19 octobre à 19h30): remplaçant de Véronique Cloutier désistée, Louis-José Houde animera. La liste complète des nominations peut être consultée sur le site www.adisq.com.

Collaborateur du Devoir