Gala de l'ADISQ hors d'ondes - La récolte Bélanger a déjà commencé

Daniel Bélanger l'a dit l'autre jour sans fausse modestie à Flash, il les veut «tous». Les douze Félix à sa portée. Les techniques, les artistiques, tous. En voilà déjà trois, remis hier au Spectrum à ses principaux collaborateurs et à lui-même à l'occasion de ce qu'on appelle le «gala hors d'ondes», complément sans télé de la grosse bringue de dimanche prochain (à Radio-Canada dès 19h30, en direct du Saint-Denis 1). Alain Lortie a eu le sien pour la conception d'éclairages du spectacle Rêver mieux, Edward Freeman et Bruce Cameron pour la sono. Bélanger et Carl Bastien se sont partagé celui de la réalisation, pour l'album du même nom. Suite et triomphe probable dans cinq jours.

Tout aussi remarquable, la récolte de statuettes par la Compagnie Larivée Cabot Champagne et ses artistes confinait hier à la consécration: rayon reconnaissance des pairs, on peut dire que la petite équipe issue du Cabaret du boul. Saint-Laurent s'est hissée au niveau d'Audiogram. Des disques parus à leur enseigne (l'étiquette La Tribu), pas moins de trois ont reçu le Félix d'album de l'année, et pas des moindres: le pertinent Break syndical des Cowboys Fringants (en alternatif), le chaleureux Doux sauvage de Robert Charlebois (en folk contemporain, coproduit par GSI) et le brillant Herri Kopter de Jérôme Minière (en musique électronique ou techno). S'ajoutent à l'étincelant palmarès de la boîte les palmes de la «maison de gérance» et du «producteur de spectacles» de l'année. Audiogram tient cependant bon, son château-fort ajoutant deux Félix à sa collection, encore et toujours «maison de disques» et «producteur de disques» de l'année. Un peu beaucoup à cause de Daniel Bélanger.

D'autres jolis doublés étaient notables. Le génie de Guy A. Lepage a resplendi tout autant au présent (Un gars, une fille, émission de télé de l'année en humour) qu'au passé (l'émission chanson de l'année, pour RBO - The Documentaire - The Musique). Pareillement, l'illustre Charles Aznavour a non seulement été élu «l'artiste de la francophonie s'étant le plus illustré au Québec», mais l'album de ses premières chansons avec Pierre Roche a été décrété «anthologie/réédition/compilation de l'année». Dans une «autre langue que le français», vous l'aurez deviné, c'est Céline qui continue de faire tapisserie tellement elle s'illustre. Moins évident, c'est le groupe Beat qui a émergé en musiques du monde.

Les habitués des catégories dites «périphériques» (c'est-à-dire tout ce qui ne tourne pas aux stations commerciales) étaient également au rendez-vous des bannis de la télé: des Félix d'albums de l'année ont été décernés à l'increvable Georges Hamel (country), à La Bottine Souriante (traditionnel), à l'inépuisable André Gagnon (instrumental), à Dubmatique (hip hop), aux Grandes Gueules (humour), à la très chouette Shilvi (jeunesse), à Alain Lefèvre (classique/soliste et petit ensemble), à James Ehnes et l'OSQ (classique/orchestre et grand ensemble), aux pourvoyeurs de la bande sonore originale du film Les Boys III, ainsi qu'à titre posthume à Sylvain Lelièvre pour son splendide Versant jazz - Live au Lion D'Or (jazz). Juste point d'orgue.