Les Goules, c'est un «band», mon minou

Le spectacle des Goules qu’on verra au Festival d’été a de nouveau été conçu pour surprendre.
Source: FEQ
Photo: Le spectacle des Goules qu’on verra au Festival d’été a de nouveau été conçu pour surprendre. Source: FEQ
Québec — Quand même. Après huit jours de festival derrière la cravate, on a un peu l'impression d'avoir vu de tout. Hier soir, Nathalie Choquette et sa grosse perruque blonde ont failli se faire avaler par un poisson gonflable de 20 mètres de long sur les Plaines. Une demi-heure plus tard, au Pub Saint-Alexandre, devant un public attendri, le trio indonésien Iwayan Balawan interprétait le Somethin' Stupid de Sinatra.

Mais on n'a pas tout vu parce que, ce soir, les Goules jouent à l'Impérial. On vous en avait parlé lors du Festival Off de l'an dernier, après qu'une source bien informée nous eut avisée que le claviériste de la formation — qu'on reconnaît à ses robes sexy et à son masque d'oiseau — usait de ses bijoux de famille pour manier son instrument (de musique). Voyez le genre...

Mais d'où sortent-ils donc? «Les Goules sont sortis du bar L'Ostradamus, c'est une espèce de grotte, puis ça s'est poursuivi dans des appartements», expliquent Keith Kouna (chanteur) et Rabin Kramaslabovitch (claviériste) qui, malgré ce que suggèrent leurs noms d'emprunt, viennent de Saint-Augustin, à Québec. Sans leurs costumes, ils ont même l'air tout à fait normaux.

Keith poursuit. «Je faisais des trucs tout seul au début. On était tous des amis et je leur avais demandé de venir à mon spectacle. Christian [le claviériste] délirait et lisait des psaumes. Il ne savait même pas jouer du clavier.» Mais ces bonshommes se sont fait prendre à leur propre jeu. «Le projet nous a toujours tirés plus que l'inverse. On n'a jamais voulu être un groupe et ce sont nos amis qui ont payé notre premier disque.»

C'était en 2001. Le premier album éponyme (2002) a fait son bout de chemin, les radios universitaires ont fait le reste. Pop mais résolument étranges, les Goules ont su détonner et plaire à la fois. Le deuxième album, Memories (2004), poursuit dans la même veine exploratoire. Il débute avec la chansonnette nasillarde de Gontrand, «qui aime à caresser sa ville de thermo-sexo Caligula-bureaucratique en fibro-pompe» et se termine par un slow à la Gerry Boulet: «Le vieux classique, c'est un bar, mon minou.»

Si elle avait été mieux diffusée, la chanson Dynamite, qui met en scène un chanteur de hip-hop macho et sans substance, aurait sans doute été un succès. Sous leurs allures de n'importe quoi, les Goules défendent des textes pas cons du tout. Mais on ne le remarque pas tout le temps. «On ne s'aide pas beaucoup et on ne se force pas pour arrêter d'être marginalisés, reconnaît Kramaslabovitch. Les gens pensent qu'on est des imbéciles qui font de la poudre tout le temps. C'est ridicule, mais on nourrit ça en même temps.»

Le spectacle qu'on verra au festival a de nouveau été conçu pour surprendre. «C'est du théâtre improvisé», résument les gars, qui seront sur scène à 23h suivis des groupes André (la chanson Yolande Wong, c'est eux) et du country folk bien nommé du groupe Avec pas d'casque. Avis aux intéressés, les Goules se produiront bientôt au Café du Fjord de Tadoussac et au Divan orange, à Montréal.

Collaboratrice du Devoir

- Les Goules, à l'Impérial, à 23h.