À voir à la télévision le mardi 14 février - Un homme en prison

L'année d'avant, Johnny Cash, sa compagne June Carter, l'as guitariste Carl Perkins et le Tennessee Two avaient livré leur «revue» derrière les barreaux pour les gars de la prison de Folsom. Grand moment de rédemption pour «the man in black», que l'alcool, les amphétamines et un caractère de cochon avaient mené au bord du gouffre et dans quelques geôles: c'est à juste titre le point culminant du film biographique Walk the Line.

Mais le métrage à partir duquel Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon ont modelé leur Johnny Cash et leur June Carter provient de ce documentaire, tourné un an plus tard par une équipe de la télé britannique dans une autre prison à «sécurité maximum», celle de San Quentin. Fort du triomphe de l'album enregistré à Folsom, Cash avait en effet entrepris l'inimaginable: une tournée des pénitenciers.

On s'étonne encore aujourd'hui de la liberté de parole dont le fils de l'Arkansas disposait: le voir et l'entendre chanter «Well I shot a man in Reno / Just to watch him die» au deuxième couplet de Folsom Prison Blues est l'équivalent de Richard Desjardins crachant Le Screw à la face des gardiens dans Le Party de Falardeau. En nettement moins fictif. Cash se fait carrément le porte-voix des condamnés, exprimant dans une chanson écrite pour l'occasion leur ras-le-bol de la vie «en dedans»: «San Quentin / You've been living hell to me... » Les caméras cadrent en gros plan les réactions, émues ou extatiques.

Montées sans art, le plus souvent charcutées, les séquences du spectacle — notamment la fringante Jackson, en duo avec June, l'ironique A Boy Named Sue, le chant gospel Peace In The Valley — frustreront le fan de Johnny Cash, même si les témoignages de la vie carcérale qui ponctuent les extraits demeurent d'une terrible pertinence. La bande sonore du film, en cela, est encore le témoin le plus fidèle de cette performance historique.

En concert : Johnny Cash

Musimax, 23h