Élections à la Guilde des musiciens du Québec - L'opposition ouvre son jeu

La Guilde des musiciens du Québec n'en est pas à sa première tempête interne: qu'on songe seulement à la défaite de son controversé président Émile Subirana, en 2003, aux mains de Gérard Masse. Période électorale oblige, c'est maintenant au tour de M. Masse d'être la cible de tirs groupés de la part du nouveau parti dirigé par le guitariste Luc Fortin.

L'équipe Fortier, la seule à présenter des candidats pour les 13 postes à pourvoir, a convoqué hier une conférence de presse afin de présenter son programme axé sur l'efficacité, le respect et la modernité. Ses priorités sont claires: intégrer un poste non élu à la direction générale, assainir la gestion financière mais surtout ouvrir le dialogue.

«J'ai des réticences avec le présent style de gestion de la guilde», explique Luc Fortin, actuellement administrateur au conseil d'administration. «Je me suis souvent senti écarté des décisions. Notre équipe prône une gestion plus ouverte où chaque suggestion sera prise comme telle et non pas comme une attaque.»

L'équipe Fortin a aussi l'intention de sortir ses grands ciseaux. Les salaires de l'exécutif seront revus à la baisse tandis que les comptes de dépenses feront l'objet d'un encadrement strict. «Sans parler d'abus sous la présente administration, notre équipe estime qu'il faut mettre des règles plus claires», a expliqué Luc Fortin.

Épaulé par un candidat à un poste d'administrateur, Sébastien Croteau, Luc Fortin a également l'intention de remettre sur les rails le défunt Comité de développement de la diversité musicale (CCDM) et d'être plus présent sur le terrain.

De son côté, le président actuel de la guilde entend faire valoir tout le travail qui a été abattu en trois ans par son équipe pour convaincre les 3800 membres de lui réitérer leur confiance. «Notre mandat était de repositionner la guilde, de la rapprocher du milieu, et c'est ce qu'on a fait, a expliqué Gérard Masse. On a de plus réglé un paquet de poursuites et on a épongé le déficit. On a fait un travail colossal.»

Mais au goût de l'équipe Fortin, les choses ne vont pas assez vite, particulièrement du côté de la nomination du directeur général, une promesse pourtant faite par l'équipe Masse en 2003. «C'est vrai que la guilde a éteint des feux, mais il n'y a pas eu de gestes concrets de faits pour intégrer un poste non élu à la direction générale», a fait valoir M. Croteau.

Mais Gérard Masse se défend d'avoir fait preuve de laxisme dans ce dossier qu'il juge «très complexe». «Ces gens-là n'ont aucune idée de la somme de travail qui a été abattue mais surtout de ce qu'il reste à faire et encore moins de ce que ça coûte. Ils vont frapper un noeud.»

D'ici le dépouillement des votes, le 5 mars prochain, les deux partis auront l'occasion de faire valoir leur programme auprès des 3800 membres de la guilde. Ceux-ci devraient bientôt recevoir le bulletin de vote par la poste.