Lancement de programmation trouble à l'OCNA

C'est en l'absence remarquée de son chef d'orchestre et directeur musical, Pinchas Zukerman, que l'Orchestre du Centre national des arts d'Ottawa a dévoilé, lundi, sa programmation 2006-07. Sur papier, le nom et l'empreinte musicale de Zukerman sont proéminents, puisqu'il est censé diriger dix des dix-sept concerts et jouer comme soliste dans quatre de ces concerts. Les oeuvres au programme sont en majorité de grands jalons de l'époque romantique, souvent mal adaptées aux effectifs relativement modestes de l'OCNA, telles que le Requiem de Verdi, la Symphonie fantastique de Berlioz, la Pathétique de Tchaïkovski et la Symphonie n° 2 de Brahms.

L'absence de Pinchas Zukerman à la soirée de lancement de la prochaine saison n'aidera pas à faire taire les rumeurs qui circulent depuis son congé sabbatique surprise décidé en décembre dernier. Il est vite apparu que Pinchas Zukerman n'était pas au repos puisqu'il continuait à respecter ses autres engagements partout dans le monde. Des rumeurs de graves mésententes au sein de l'OCNA ont alors sérieusement commencé à circuler, rumeurs alimentées par les déclarations du maestro à un journal de Californie voulant qu'il y ait «des pommes pourries» au sein de l'OCNA.

Le malaise aurait pu être dissipé par une apparition de Pinchas Zukerman lundi soir, mais son absence a plutôt confirmé le sérieux de la situation, malgré les affirmations de la direction du CNA que le maestro serait bel et bien de retour l'automne prochain. On a appris qu'une démarche avait été entreprise pour trouver un médiateur qui puisse servir d'intermédiaire entre les membres de l'orchestre et le maestro, censément à la demande de ce dernier.

La programmation de la saison 2006-07 de l'OCNA promet néanmoins de belles soirées aux mélomanes d'Ottawa avec, par exemple, la visite de Kent Nagano et l'OSM, celle de Yoav Talmi et l'OSQ, les débuts du chef danois Thomas Dausgaard et du jeune chef vénézuélien Gustavo Dudamel, la première mondiale d'une nouvelle oeuvre du compositeur Gary Kulesha et deux soirées consacrées à la musique contemporaine sous la direction du chef Oliver Knussen.

Collaboratrice du Devoir