Tournée des lauréats du Festival international de la chanson de Granby - Cinq roses pour Farina

Grosse semaine pour les concours encourageant la relève francophone. Après avoir rencontrés les trois premiers participants des 10e Francouvertes lundi, le public montréalais avait l'occasion hier de voir de quel bois se chauffaient les trois lauréats du Festival international de la chanson de Granby. Le chanteur Yann Perreau partageait la scène de La Tulipe avec la formation Benwala, l'interprète Angélique Duruisseau et l'auteur-compositeur-interprète Alexandre Farina.

Si l'on met de côté la superbe performance de Perreau effectuée juste après la mi-temps, c'est Alexandre Farina qui nous a le plus séduit. Étrange «bibitte» remplie de talent, que ce Farina. Petit chapeau rond sur la tête, veston brun, cravate croche, lunettes à monture noire, le Québécois d'origine marseillaise de 27 ans a juste ce qu'il faut de folie dans sa poésie pour nous rappeler Urbain Desbois. «Dans le noir, tout est si clair ce soir», chantait-il dans Austère chose. Le pianiste possède une voix très particulière, presque féminine, rappelant étrangement celle d'Édith Piaf. Dans le coin de notre tête, on ose la comparaison avec Pierre Lapointe. Mais bon, pas d'emportement, quelques croûtes restent tout de même à être mangées. On lui donne tout de même cinq étoiles, tiens, non cinq roses, pour le jeu de mots. Et c'est plus romantique.

En ouverture de spectacle, l'interprète Angélique Duruisseau — la seule femme de la soirée! — a offert à une foule pas très nombreuse et un peu figée des morceaux dâÈve Cournoyer (Marabout), de Brigitte Fontaine (Ah! Que la vie est belle) et de Léo Ferré (Les Anarchistes). En fin de concert, les deux autres lauréats se sont joints à elle pour une version de La Sorcière et l'inquisiteur, des Rita Mitsouko. Même si elle n'a pas un talent a tout casser, Duruisseau a chanté juste et bien, sauf lors de quelques accrocs dans les aiguës de Marabout, qui, avouons le ne sont pas commodes.

En fin de spectacle, le défi du groupe Benwela était de taille: jouer après Yann Perreau. Et il ne fut relevé qu'à moitié. Si on a bien aimé la tarentelle à saveur ska de La fille du parrain et la longue partie instrumentale sur Turban, la bande n'avait pas une très bonne présence sur scène, se retrouvant souvent tous en ligne, ou alors tous regroupés en bloc. Pour pouvoir monter en grade, il leur faudra aussi travailler les textes.