Télévision - Sur TV5, une nouvelle série présente des jeunes autochtones qui vont de l'avant

Le deuxième épisode de la série Nikan: l’envol d’une génération est consacré à la chanteuse inuite Elisapie Isaac.
Photo: Jacques Grenier Le deuxième épisode de la série Nikan: l’envol d’une génération est consacré à la chanteuse inuite Elisapie Isaac.

Nikan signifie «aller de l'avant» dans plusieurs langues autochtones du nord du Québec. Le titre est presque un étendard: sortir de l'image trop «clichée» des autochtones pour mettre de l'avant des jeunes qui veulent réussir.

Nikan, l'envol d'une génération est le titre d'une nouvelle série documentaire de 13 épisodes, diffusée à compter de lundi prochain sur TV5, qui trace le portrait de 13 jeunes de 20 à 35 ans issus des communautés autochtones et inuites, choisis pour leur dynamisme, leur engagement, leurs valeurs. Ils sont, entre autres, avocat, travailleur de rue, réalisateur, artiste.

Ou encore infirmière, comme Jolianne Ottawa, «vedette» de la première émission. Cette jeune femme, qui parle attikamek mais dont l'accent est aussi très québécois, a étudié à Joliette avant de décider de s'installer dans sa communauté, Manawan, au nord de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière. Une communauté un peu mystérieuse: les vacanciers qui connaissent la région de Saint-Michel-des-Saints ne s'aventurent pas sur la route de gravier de moins de 100 kilomètres, dangereuse à souhait, qui mène à ce village de 2000 habitants. L'émission de lundi nous permet justement de visiter le village en compagnie de Jolianne, qui se sent un peu isolée le week-end lorsqu'elle est de garde à l'hôpital, seule pour servir 2000 habitants!

Comme ce sera le cas pour tous les épisodes, on rencontre sa famille et ses amis pour la voir vivre et l'écouter partager son bagage culturel et ses valeurs. À la recherche du savoir traditionnel de ses grand-mères, vivant avec son chum policier, Jolianne Ottawa se dit également triste de voir le village envahi par les déchets et les chiens errants, et elle constate le manque de respect des jeunes. Mais, affirme-t-elle avec détermination, «j'ai tellement espoir que mon village s'embellisse».

La semaine suivante, l'émission sera consacrée à Elisapie Isaac, la chanteuse inuite du groupe Taïma, dont le choc culturel est encore plus considérable: issue de Salluit, la dernière communauté du nord du Québec, elle s'est installée à Montréal et ses premiers contacts avec la ville l'étourdissaient, n'arrivant pas à croire qu'on pouvait trouver un million d'habitants dans un même espace!

Elisapie est évidemment un véritable modèle pour sa communauté, et on ne se rend pas toujours bien compte à quel point ce type de modèle est essentiel pour les jeunes autochtones et inuits qui rêvent d'autre chose. Son engagement sur la scène artistique québécoise ne l'empêche aucunement de retourner régulièrement à Salluit pour dépecer le poisson, manger le caribou et pratiquer le chant de gorge traditionnel.

La série, qui comprend aussi des interventions de l'anthropologue Serge Bouchard à chaque émission, a été développée par la productrice Léa Pascal et produite par Cirrus. Elle sera également diffusée en avril sur les ondes de la chaîne autochtone APTN.

- Nikan, l'envol d'une génération commence lundi prochain le 9 janvier à 21h, sur TV5.