Fin de la grève d'une partie de la rédaction du Beijing News

Pékin — Les journalistes du quotidien Beijing News, l'un des journaux chinois les plus populaires, qui s'étaient mis en grève pour protester contre le limogeage de trois responsables, ont repris le travail sous haute surveillance, a-t-on appris hier auprès de la rédaction.

Sur les 300 journalistes, une centaine avaient arrêté de travailler après le remplacement il y a une semaine, pour des raisons politiques, du rédacteur en chef, Yang Bin, et de ses deux adjoints, Sun Xuedong et Li Duoyu.

S'exprimant sous le couvert de l'anonymat de peur de représailles, des journalistes ont évoqué hier un climat de peur régnant dans la rédaction.

«Ce n'est pas le moment de parler. S'il vous plaît, comprenez», a indiqué un salarié qui a répondu au téléphone.

«La direction nous a dit de ne pas donner d'interviews sur cette question», a indiqué un journaliste.

Selon un autre reporter, les blogues de plusieurs journalistes, qui avaient écrit sur le limogeage, ont été fermés.

Le standard a également reçu l'ordre de ne plus transférer d'appels vers la rédaction.

Les raisons du limogeage des responsables n'ont pas été communiquées officiellement, mais, selon certaines sources, le département de la Propagande du Parti communiste chinois a relevé une série d'articles posant problème sur des sujets sensibles, liés en particulier aux problèmes sociaux.

Lancé en novembre 2003 à la suite d'un partenariat entre le groupe de presse du sud de la Chine Southern Daily et le Guangming Daily, le Beijing News tranchait avec la plupart des journaux chinois par son ton, le choix de ses sujets et sa présentation.

Dans un communiqué, l'association Reporters sans frontières a dénoncé les «pratiques policières employées par les autorités pour briser le travail de la rédaction» du Beijing News. Elles «ne laissent plus aucune illusion sur la politique du gouvernement de Hu Jintao envers la presse».

Ces derniers mois, dissidents et groupes de défense des droits de l'homme ont dénoncé une campagne de répression du gouvernement du président Hu Jintao pour mettre au pas les médias et contrôler Internet.