Médias 63 journalistes sont morts en 2005

Des journalistes libanais brandissent vers le ciel des plumes et des photos de leur collègue Samir Kassir, assassiné en juin.
Photo: Agence Reuters Des journalistes libanais brandissent vers le ciel des plumes et des photos de leur collègue Samir Kassir, assassiné en juin.

Paris — L'année 2005 a été une nouvelle année noire pour la liberté de la presse dans le monde, avec au moins 63 journalistes tués, soit 10 de plus qu'en 2004, l'Irak restant le terrain le plus meurtrier, selon le bilan annuel de l'organisation Reporters sans Frontières (RSF).

Les collaborateurs des journalistes (fixeurs, chauffeurs, traducteurs, techniciens...) ont également payé un lourd tribut, avec cinq morts, tous en Irak, selon cette étude publiée aujourd'hui. L'année 2005 est «la plus meurtrière depuis 1995», année où 64 journalistes avaient trouvé la mort, dont 22 en Algérie, selon RSF.

Au total, 807 journalistes ont été interpellés en 2005, soit moins qu'en 2004 (907 arrestations), mais les agressions et les menaces contre les journalistes ont augmenté, avec au moins 1 308 reporters agressés ou menacés, contre 1 146 l'an passé.

Le Moyen-Orient et l'Asie sont les régions les plus risquées pour les journalistes.

Pour la troisième année consécutive, l'Irak reste le terrain le plus meurtrier. Vingt-quatre journalistes et cinq collaborateurs des médias y ont trouvé la mort. Depuis le début du conflit en Irak, en 2003, 76 journalistes et accompagnateurs des médias ont été tués, soit plus que lors de la guerre du Vietnam, entre 1955 et 1975. Les journalistes ont été victimes des attentats terroristes et des attaques de la guérilla irakienne mais aussi de l'armée américaine, «responsable de la mort de trois journalistes et collaborateurs des médias», selon RSF.

Aux Philippines, sept journalistes ont payé de leur vie leur volonté d'informer.

Le Liban a également été secoué par une vague d'attentats touchant hommes politiques et professionnels de la presse, comme l'éditorialiste du quotidien An-Nahar, Samir Kassir, en juin et le patron de ce journal, Gebrane Tuéni.

L'Asie continue d'être la plus grande prison au monde pour les journalistes et les cyberdissidents. Au 1er janvier 2006, 126 journalistes et trois collaborateurs des médias étaient détenus dans 23 pays, la Chine figurant en tête de liste (32 journalistes et 62 cyberdissidents emprisonnés), suivie de Cuba (24 journalistes), selon le bilan de RSF.