La «CNN russe» - Russia Today est entrée en ondes samedi

Moscou — Russia Today (RT), chaîne d'informations en continu et en anglais présentée par Moscou comme une «CNN russe» censée contrer l'image négative de la Russie à l'étranger, a commencé à émettre samedi.

Sous le logo de la chaîne — les initiales RT sur fond vert —, une présentatrice anglophone a ouvert le premier flash sur une affaire de préparations médicales à base de sang contaminé par le virus du sida dans la région de Voronej (400 km au sud de Moscou), remontant à mercredi dernier.

Pendant ce temps, défilaient sur un bandeau semblable à celui de CNN des informations sur «la hausse des investissements en Russie» ou «le sort incertain de quatre otages en Irak», lors de ce premier journal essentiellement consacré à l'actualité russe.

Cette chaîne, lancée par l'agence de presse gouvernementale Ria-Novosti, a reçu de l'État un budget initial de 30 millions de dollars pour faire changer la vision négative que les étrangers ont de la Russie, une idée en vogue au sein de l'administration présidentielle russe depuis le début des années 2000.

Annoncée en juin dernier, elle a suscité des controverses avant même sa première émission, dans un pays où les médias audiovisuels sont sous le contrôle étroit des autorités.

Samedi, les premières informations sur Russia Today se sont poursuivies par un sujet sur «les historiens de la CEI» (la Communauté des États indépendants, qui englobe les pays de l'ex-URSS à l'exception des pays baltes). Ceux-ci critiquent selon la chaîne «les livres de classe publiés après la chute de l'URSS» dans certains pays de l'ex-bloc soviétique «qui sont souvent anti-russes», dans une allusion voilée aux pays baltes et à l'Ukraine et à la notion d'«occupation» soviétique de ces pays.

Employant quelque 500 personnes — dont de nombreux étrangers —-, la chaîne, visible en Russie sur le bouquet satellitaire NTV-Plus, annonce émettre vers l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie via les satellites Intelsat Americas 5, Hotbird 6 et Taicom 3. Elle dispose déjà de quatre bureaux à l'étranger, à Londres, Washington, Paris et Jérusalem.