À voir à la télévision le mardi 7 juin - La mondialisation de l'obésité

C'est un monde idéal, paraît-il. Un univers harmonisé et normalisé où les économies mondialisées permettent désormais d'accumuler des richesses aux quatre coins du globe, mais aussi de conjuguer l'évolution des pays en voie de développement au temps de la modernité... et de l'obésité qui vient naturellement avec elle.

Bienvenue en «globésité», un monde où la surcharge pondérale — tout comme les dangereuses maladies qui l'accompagnent — n'a désormais plus de frontière. Au grand bonheur des industriels de la malbouffe qui, messages publicitaires convaincants et multiplications de leur temple du «manger mou» à l'appui, se réjouissent de la facilité avec laquelle ils sont capables de terrasser des habitudes alimentaires séculaires et des modes de vie jusque-là sains.

Du Mexique à l'Égypte en passant par la Chine, le scénario a des allures de déjà vu, a constaté Laurence Serfaty, la femme derrière ce documentaire coup-de-poing sur cette épidémie qui se répand aujourd'hui comme le tabagisme à une autre époque. Les chiffres sont accablants. Alors que 800 millions d'individus souffrent toujours de la faim dans le monde, plus de 1,5 milliard d'autres individus — on répète: 1,5 milliard — sont, eux, trop gros. L'obésité (les gros vraiment trop gros), elle, toucherait 300 millions de personnes, dont près de 115 millions se trouvent désormais dans des pays dits en émergence.

Urbanisation croissante, mondialisation, occidentalisation des habitudes de consommation... les sources de ce fléau sont évidemment multiples. Elles sont aussi au coeur d'un constat dérangeant: si la mondialisation fait aujourd'hui sourire les actionnaires des grandes industries du «manger homogène», elle semble, dans sa dimension purement culinaire, sur le point de faire sombrer l'humanité sous des amas de tissus adipeux. Faute d'une riposte cohérente.

Bienvenue en « globésité »
RDI, 20h