Le fédéral rejette la requête des journalistes syndiqués de CKAC

Ottawa — Les jours sont comptés pour la salle des nouvelles de la station de radio montréalaise CKAC, qui vient de perdre le seul recours qu'elle avait entrepris.

Le conseil des ministres a décidé, la semaine dernière, qu'il rejetait l'appel déposé par le syndicat des journalistes de la station qui lui demandait de renvoyer le dossier au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour révision.

«Le cabinet a décidé de ne pas accepter l'appel», a confirmé une source près du conseil des ministres, à la Presse canadienne.

Selon les informations, l'annonce officielle devrait être faite plus tard cette semaine, probablement jeudi, ce qui correspond à la date limite qu'avait le cabinet pour rendre sa décision.

Cette décision vient anéantir les espoirs des journalistes de voir la salle des nouvelles de CKAC sauvegardée.

En janvier dernier, le CRTC autorisait l'échange de stations de radio AM et FM entre Astral Média, propriétaire du réseau Radiomédia auquel CKAC appartient, et Corus. CKAC, une station généraliste où l'actualité occupe une place importante, est destinée dans le plan de Corus à devenir une chaîne spécialisée dans les sports et la santé. Cette vocation fera pratiquement disparaître la salle des nouvelles.

Non seulement la décision du CRTC a suscité la colère des syndiqués, mais c'est tout un barrage d'appuis populaires qui s'est érigé depuis. Quelques jours après la décision, ils étaient des centaines d'auditeurs à manifester dans la rue pour dénoncer le changement de vocation imposé à la station de radio.

Dans le document déposé en appui de sa requête au conseil des ministres, le syndicat a souligné également qu'il avait obtenu l'appui de l'Assemblée nationale du Québec, à la suite d'une motion unanime, de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et du Conseil de presse du Québec.

Tous ont fait valoir que la disparition des émissions d'information de CKAC portait atteinte au droit à l'information puisqu'elle représentait l'une des dernières salles des nouvelles indépendantes de la région montréalaise, en langue française.

La semaine dernière, le président-directeur général de Corus, John Cassaday, avait éventé en quelque sorte la nouvelle, affirmant à un quotidien torontois qu'il avait eu vent d'une décision du cabinet en faveur de sa compagnie.

Le syndicat des journalistes de CKAC avait réagi rapidement, faisant valoir qu'on leur avait assuré qu'aucune décision n'était encore coulée dans le ciment.