À voir à la télévision le mercredi 20 avril - L'une pérore, l'autre pétille

Nous aimons Juliette, nous dégustons son dernier album Mutatis Mutandis comme tous ses albums, nous nous émerveillons devant cet art si fin qu'elle a d'agencer mots et notes, et nous nous félicitons qu'elle connaisse enfin le succès (plus de 100 000 exemplaires écoutés en France!) que ses 17 ans de belle carrière justifient plus qu'amplement. Nous aimons bien quand elle cause aussi, parce qu'elle est drôle, directe et pétillante d'intelligence.

Nous aimons nettement moins que ce soit Denise Bombardier qui la reçoive dans son décor fromage blanc, avec son air d'enterrement coutumier, preuve qu'elle écoute intensément son invitée. Nettement moins apprécions-nous qu'elle insiste tant sur l'adolescence de Juliette, qu'elle présuppose difficile parce que, ado et boulotte, houlà, quel enfer! Ben oui, Juliette Nourredine a trouvé en l'humour son «instrument de séduction», déduit Denise Bombardier la perspicace.

Et nous rigolons en douce quand la même Bombardier s'indigne du fait que, de plus en plus, «on chante à l'américaine ou on chante complètement en anglais», tombant à pieds joints et à bras raccourcis dans ses habituels lieux communs. Juliette, pas dupe, lui renvoie que ce qui l'agace vraiment, elle, c'est «une totale uniformisation du son». Joli moment. Il faut voir le regard vide de Bombardier, qui n'a visiblement rien à cirer du son des chansons et qui veut surtout partager avec Juliette son goût pour les grands auteurs de la littérature et profiter de la présence d'une personne de si haut quotient intellectuel pour discourir de questions philosophiques (l'existence de Dieu, notamment).

Cela dure une heure, au cours de laquelle l'impatience croît envers Denise Bombardier en même temps que le ravissement pour Juliette, dont la vivacité d'esprit n'empêche jamais la simplicité dans l'expression. Belle leçon que l'autre ne retiendra pas.

Entre nous: Juliette
TV5, 19h